Discussion avec Osama Khalil (1) le 19 janvier 2010
Nous remarquons de la part du Juge la non-reconnaissance de l’identité d’un ou de plusieurs prophètes, le Juge pouvant représenter l’humanité (ou la conscience humaine) moderne et laïque.
Cette non-reconnaissance remplace et se superpose à celle de certains prophètes et de leurs prophéties par les adhérents à d’autres prophéties plus anciennes. Cette non-reconnaissance est copulée par celle de leur manuscrit mais à aucun moment les prophètes ne se reconnaissent pas.
Pourquoi le contenu de la scène 8-acte I est la non-reconnaissance des prophètes entre eux ? Les prophètes doivent se reconnaître, si on les a invité parce qu’ils ont un statut qui légitime leur présence : ce n’est pas Jacob qui ne reconnaît pas Jésus, ce sont les juifs qui ne le reconnaissent pas.
Hypothèse : Cela peut-être en connexion avec Dieu et les prophètes se reconnaissent. Les représentants humains des prophètes ont deux dimensions :
la dimension profonde doit les obliger à se reconnaître,
la dimension de surface (chacun d’eux défend sa boutique) les incite à ne pas reconnaître les autres ni leur message,
le fait d’avoir ces deux dimensions (reconnaissance, non-reconnaissance, partie de fond, partiede surface) est un appel à la réconciliation au nom de l’humanité et au nom de l’universalité du message à l’origine du manuscrit. Exemple : le dialogue inter religieux qui est à la mode fin du 20ème et début du 21nième siècle.
(1) Philosophe et poète, directeur de l'Espace le Scribe l'Harmattan