Une des dernières œuvres dramatiques de Strindberg, le Chemin de Damas PDF Print E-mail
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Written by Amin ELSALEH   
Thursday, 19 July 2012 15:45

Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 19:17

Strinberg à Damas, d’après August Strindberg (critique de Maja Saraczyńska), Théâtre de la Bastille à Paris

Strindberg mis à nu

 

Un deuxième lever de rideau : la seconde partie de la Trilogie Strindberg du Laboratoire Sfumato se veut associer l’œuvre (« le Chemin de Damas ») à la vie de l’écrivain.

 

Une des dernières œuvres dramatiques de Strindberg, le Chemin de Damas, achevé en 1904 et dont l’écriture a poursuivi l’écrivain durant six ans, sert à Ivan Dobchev, l’un des fondateurs du Laboratoire Sfumato, de point de départ. Son spectacle tout entier a été conçu autour de l’idée du voyage : réel ou imaginaire, à Tbilissi ou à Damas.


Son « laboratoire artistique d’innovation théâtrale » présente une proposition audacieuse réunissant l’histoire de Strindberg – mariage avec Harriet Bosse, amours obsessionnelles avec Dagny Juel, correspondance avec Nietzsche, son travail artistique – et la vie imaginaire de ses personnages. De multiples récits se croisent alors dans cette mise en scène élaborée, qui brouille efficacement les pistes et tourne inévitablement vers le chaos total.


Dans une scénographie mystique, qui place au milieu de l’espace vide un lit – un seul élément matériel, comme le seul et l’ultime point de repère donné au public –, aura lieu la réunion de Strindberg avec sa dernière femme, avec son médecin, avec ses doubles, ses personnages et fantômes hantant sa mémoire.


Le voyage métaphorique sur le chemin de Damas prend ici des dimensions d’une recherche initiatique de soi et de son passé, ou même d’une séance thérapeutique de Strindberg en face de ses obsessions, rêves, craintes et faiblesses.


L’idée d’un tel spectacle est fort intéressante, mais le choix des moyens scéniques nous laisse perplexes. On a l’impression que le récit, que veut nous conter (métaphysiquement) Ivan Dobchev, n’arrive pas à se délivrer d’une certaine illustration et explicitation. Certes, la démarche artistique de Margarita Mladenova et Ivan Dobchev serait – selon Boyan Mantchev – un « lieu du risque et du danger ».

 

Mais ce danger devient d’autant plus grand dans un théâtre où l’action scénique est quasi absente, car tout le risque y est porté par les comédiens. Et même si Malin Krastev, Hristo Petkov, Snezhina Petrova, Elena Dimitrova, Rumen Traikov font tous preuve d’une grande rigueur et d’une haute performance, ils n’arrivent pas toujours à maintenir la tension entre la scène et la salle.


Ainsi, Strindberg et sa femme dans tous leurs états sont mis à nu, mais seulement littéralement. La contemplation des corps nus des comédiens n’est pourtant pas suffisante pour pouvoir pénétrer dans la tête affolée des personnages. Et le spectateur a souvent du mal à accéder à l’intérieur de la vision proposée. Car Ivan Dobchev semble introduire une séparation artificielle entre la scène et la salle. Cette séparation peut d’ailleurs être symbolisée par la construction du quatrième mur figuré par l’écran de cinéma transparent sur lequel sont projetées les images vidéo (de Lubomir Mladenov).


Le spectateur est donc bien enfoncé dans son fauteuil rouge de l’autre coté du seuil, tandis que les comédiens bien enfermés dans leur univers délirant semblent ne jamais être à l’écoute du public. Ils ne nous laissent pas ouvrir la porte de leur création. Dommage, car on aurait bien voulu détenir, nous aussi, la clé de ce mystère. 


Maja Saraczyńska

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Strindberg à Damas, d’après August Strindberg

Festival d’automne à Paris

Théâtre-Laboratoire Sfumato • 2, Dimitar Grekov str. • Sofia 1504 • Bulgaria

www.sfumato.info

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Adaptation : Ivan Dobchev, Georgi Tenev

Mise en scène : Ivan Dobchev

Avec : Malin Krastev, Hristo Petkov, Snezhina Petrova, Elena Dimitrova, Rumen Traikov

Scénographie : Ivan Dobchev et Daniela Oleg Liahova

Costumes : Daniela Oleg Liahova

Lumière : Ivan Dobchev

Musique : Assen Avramov

Vidéo : Lubomir Mladenov

Théâtre de la Bastille • 76, rue de La Roquette • 75014 Paris

www.theatre-bastille.com

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Réservations : 01 43 57 42 14

Du 24 au 25 octobre 2008 à 21 heures, dimanche 26 octobre 2008 à 17 heures

Durée : 1 h 40

22 € | 13 €

Tournée :

Festival Passage • 22 et 23 mai 2009 • Théâtre de la Manufacture • 10, rue Baron-Louis • 54014 Nancy

www.festival-passages.fr

http://www.lestroiscoups.com/article-24122265.html

 

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