Musique et paix. Le témoignage de Maurice Rousseau par l’étude des transformations de la musique byzantine PDF Print E-mail
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Written by Adib Gabriel Hathout   
Saturday, 01 September 2012 10:40

Sur un texte de G. B. Marino intitulé "Tempro la Cetra", Monteverdi a vanté la capacité de la musique à faire taire les armes.

A l’époque de Monteverdi, dans un contexte où l’humanité croyait encore en la force de l’épée, le rôle de la musique dans la modération des sentiments guerriers s’est illustré par l’une des plus puissantes autorités politiques de l’Orient.

 En effet, quand en 1638, le sultan Mourad IV prit Baghdad, il ordonna de grands massacres. Alors que le carnage avait commencé, le chant du musicien Chah-kouli (littéralement : esclave du chah, en persan) vint illustrer les propos de Monteverdi par l’adoucissement du courroux de Mourad. Sous l’effet de la musique, Mourad décida de faire cesser la boucherie. Certains auteurs ajoutent que le sultan a « fondu en larmes »[1]!

Chah-kouli revint avec le sultan à Constantinople avec quatre autres musiciens perses. Ils y fondèrent la première école de musique turque[2].

Sous l’influence de Chah-Kouli, la musique arabo-persane connut une telle vogue que les musiciens grecs n’indiquaient plus le mode et le rythme de leurs œuvres profanes que par les mots d’origine arabe maqâm et ousoul. La musique ecclésiastique byzantine subit les mêmes inspirations.

Ces influences ont été observées par le regretté Maurice Rousseau dans un article paru en juin 1998 qui n’a pas pris une seule ride en ce mois d’août 2012 !

Au-delà de l’évènement factuel, l’article de Maurice Rousseau nous invitera à découvrir l’amitié qui domine les relations entre les intellectuels perses, turcs, syriens, et grecs.

Respectueuse des différences, cette amitié se propage aussi bien dans les milieux religieux que profanes. En effet, et comme Maurice Rousseau l’a rappelé, les mêmes personnes qui psalmodiaient la louange céleste, chantaient aussi les amours terrestres dans les noces et les banquets. Rien d’étonnant en cela nous dit encore Maurice Rousseau en reprenant le compositeur breton Bourgault-Ducoudray (1840-1910), car la musique est une langue avec laquelle l’homme exprime ses sentiments de quelque ordre qu’ils soient.    

L’article original est paru dans bulletin de la Paroisse Grecque Melkite Catholique de Paris. Numéro 27. Juin 1998. Au-delà de la compénétration des peuples et des cultures qui s’effectue en musique, sa lecture vous parlera de la beauté qui est en vous.  

Adib Gabriel HATHOUT Paris, 25 août 2012Courriel: This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it    

Mots clé : Byzance, musique arabo-persane, amitié entre les peuples, dialogue culturel et interreligieux.    

 

 

    

 

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                                                                     Article de Maurice Rousseau

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Last Updated on Saturday, 29 September 2012 10:29
 

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