La cendre des civilisations PDF Print E-mail
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Written by Saniya Saleh   
Friday, 25 September 2009 11:51
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Saniya Saleh est considérée comme l’un des poètes majeurs dans la Syrie contemporaine. Née en 1935, elle a commencé une licence de littérature anglaise à Beyrouth où elle a vécu longtemps avec son époux, le grand poète syrien Mohamad al-Maghout, et la termine à Damas où ils se sont installés plus tard. Toute jeune encore, elle écrivait des poèmes dans les marges de ses livres scolaires jusqu’au jour où elle participe à un concours de poésie et où elle gagné le premier prix à la surprise de ses proches. Elle a fait partie du groupe de la revue Shi‘r qui a introduit le poème libre dans le monde arabe en traduisant la poésie occidentale. Elle a publié quatre recueils, un recueil de nouvelles ainsi que des essais critiques. Ses poèmes inédits ont paru après son décès, à la suite d’une maladie, en 1985. Rassemblée dans un seul volume, son œuvre complète paraît en Syrie en 2006, avec une préface écrite par sa sœur, la critique littéraire Khalida Saïd, l’épouse du grand poète Adonis.

Ci-dessous la traduction d’un extrait d’un long poème publié en 1980 et intitulé

 

 

La cendre des civilisations,

 

/…/ “Où pars-tu étoile du matin ?

Tu disparais dès que j’ouvre les yeux,

quel vent t’emporte ?

Dors dans mon livre, réveille-toi dans mon rêve,

Apporte ton feu afin que nous allumions le monde

Tu soutiendras sa béquille

et ses bras affaiblis,

tandis que j’attiserai sa frayeur

que je libèrerai ses obsessions et sa fumée mortelle.

Avais-tu un autre nom lorsque tu traversais notre monde ?

Ton nom était-il éternité ou femme aimée ?

Que diras-tu aux trahis

Pendant qu’ils se retournent dans le feu de l’enfer ?

N’avons-nous pas assez parlé du problème de l’automne

et des sentiments qui déclinent ?

N’étais-tu pas le rêve qui m’avait fait errer, souffrir

et m’avait poussé vers les lupanars

afin de voir comment le monde allait derrière mon dos

Et comment l’or enterré dans mon cœur s’écoulait en vain ?

La poussière de mes baisers frémit-elle encore sur ton corps ?

Es-tu la femme qui baignait dans la glaise au moment du reflux

des civilisations, dans l’obscurité des archives ?

Là-bas j’ai enterré la fleur de ma vie,

je t’ai enterrée.

Cependant ton sang coule encore dans mes veines.

Ton cœur résonne dans ma tête nuit et jour nuit et jour.

Ton âme habite en moi,

-         Chassez-la, chassez-la, peut-être pourrai-je m’endormir enfin,

dans le puits du lupanar, sur l’aile du trottoir…

Non, laissez-la,

que ses braises se consument dans mes profondeurs,

là où le sifflement du néant rugit à mes oreilles.”/…/

 

Rania Samara

 

 

Last Updated on Thursday, 21 January 2010 11:17
 

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