The Egypt protests : part 3 - chapter 1 (FR): Au Caire, le place Tahrir retrouve ses couleurs révolutionnaires (7 déc.2012) PDF Print E-mail
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Written by Pierre Barbancey - L'humanité   
Friday, 07 December 2012 15:03

 le 30 Novembre 2012

Le Caire (Egypte), envoyé spécial. Des dizaines de milliers de personnes ont protesté ce vendredi contre les décisions autoritaires du président Morsi et des Frères musulmans. Le leader de gauche, Hamdeen Sabbahi, a annoncé sous les applaudissements que « l’Egypte ne s’inclinera pas devant la volonté de quelques uns ». Les islamistes appellent à un rassemblement samedi 1er déc. 2012.


La place Tahrir, au centre du Caire, a retrouvé ses couleurs révolutionnaires ! Des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées ce vendredi, jour de repos, pour manifester leur colère devant le coup de force dictatorial et constitutionnel du président Mohammed Morsi et des Frères musulmans. La Confrérie était d’ailleurs interdite de séjour sur la place, comme le proclame, depuis plusieurs jours maintenant, une large banderole. L’atmosphère est populaire est combattive. Des groupes chantent, accompagnés de tambourins. D’autres lancent des slogans, semblables à ceux de janvier 2011. Seule différence, le « Va-t-en », crié à des milliers de voix ne s’adresse plus à Moubarak, débarqué du pouvoir le 11 février 2011, mais au Frère musulman Morsi, à qui ils promettent le même sort !

 

En l’espace de quelques semaines, celui-ci a en effet montré son vrai visage. « Les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président sont définitives et ne sont pas sujettes à appel » en attendant une nouvelle Constitution, avait expliqué un porte-parole de la présidence. Le président, qui détient déjà les pouvoirs exécutif et législatif - en raison de l'invalidation de la chambre des députés -, a privé les instances judiciaires, dernier organe de contrôle de ses pouvoirs, de la possibilité d'examiner des appels contre ses décrets. Le pouvoir judiciaire ne peut plus non plus dissoudre la commission chargée de rédiger la future constitution, comme le souhaite l'opposition libérale et laïque, qui dénonce sans relâche la domination des islamistes sur cette instance.

Dans le même temps, il a fait accélérer les travaux de l’Assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle constitution mais dominée par ses amis. Celle-ci a publié un document vendredi au petit matin et devrait être approuvée par Morsi ce samedi. Soit la veille du verdict de la Haute cour constitutionnelle qui, selon toute vraisemblance, devrait annuler la copie de l’Assemblée constituante. D’où le bras de fer engagé ces derniers jours.

Cette nouvelle constitution présentée est un chef d’œuvre de duperie. Sous des allures démocratiques – un président ne peut pas faire plus de deux mandats, par exemple – le texte est un condensé de la philosophie des Frères musulmans. Le directeur Egypte de Human Rights Watch, fait ainsi remarquer que le chapitre 1 affirme que l’Etat doit maintenir « le comportement moral » et garantir la « vraie nature de la famille égyptienne ». Pour le leader du parti communiste égyptien, Moustafa El-Gamal, « le décret constitutionnel et l’Assemblée constituante sont illégitimes. Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que la constitution ne protège pas la justice sociale. » Quant aux droits des femmes, il n’est tout bonnement pas mentionné. Des critiques balayées d’un revers de manche par Gehad El-Haddad, conseiller des Frères musulmans, pour qui « la constitution est extrêmement équilibrée » et n’est pas « un simple document qui convient à toutes les nations du monde mais est taillée aux mesures des spécificités propres du pays. »

Vendredi, Hamdeen Sabbahi, le candidat de gauche arrivé en troisième position lors de la présidentielle, a fait vibrer les dizaines de milliers de personnes présentes sur la place Tahrir et qui lui ont réservé un accueil triomphal. « L’Egypte ne sera pas forcé de choisir entre une déclaration dictatoriale et une constitution écrite à la va-vite par une fraction de la société égyptienne. L’Egypte ne s’inclinera pas devant la volonté de quelques uns », a-t-il lancé, interrompu par la foule qui scandait : « Le peuple renversera le régime ». S’adressant directement à l’Assemblée constituante, Sabbahi accusait : « Vous avez peur que le verdict que doit rendre la Haute cour constitutionnelle ne soit contre vous, c’est pour cela que vous vous êtes dépêchés de finir la rédaction de la constitution. » Sur son compte Tweeter, Mohammed El-Baradei, venu lui aussi sur la place, a écrit : « Le président et la commission constituante sont en train de mener un coup d'Etat contre la démocratie. La légitimité du régime s'érode rapidement ».

Alors que les Frères musulmans ont décidé de manifester ce samedi pour apporter leur soutien à leur président, les manifestants de la place Tahrir ont décidé de rester. Hamdeen Sabbahi, Mohammed EL Baradei ainsi qu’Amr Moussa (ancien candidat à la présidentielle) et George Ishaq (fondateur du mouvement Kefaya au début des années 2000), ont annoncé qu’ils passeraient eux aussi la nuit sur ce lieu, symbole de la révolution.

  • Lire aussi :

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Démonstration de force de l’opposition en Égypte  
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Pierre Barbancey

http://www.humanite.fr/monde/au-caire-le-place-tahrir-retrouve-ses-couleurs-revolutionnaires-509980

Last Updated on Saturday, 13 July 2013 17:19
 

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