Andrée Jeanne ABDULHAK, née MAUBERT (1920-2008) PDF Print E-mail
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Written by Samir Abdulac   
Monday, 04 February 2013 17:44
                                              Eléments biographiques
     

1920                Naissance à Pierrefitte-sur-Seine (Département de Seine Saint-Denis aujourd'hui), le 31 août 2008. Sa mère Juliette Céline Clémentine Collombeau, d'origine beauceronne était fleuriste. Son père Gaston Louis André Maubert, d'origine normande, était architecte. Tous deux étaient veufs avec des enfants. Son arrivée contribua à mieux souder la nouvelle famille.

 

1938                Elle commence des études d'histoire de l'art à l'Ecole du Louvre.

 

1942                Mariage à la mairie du 5e arrondissement avec Sélim Adel Abdulhak qu'elle avait rencontré en suivant les mêmes cours. Le couple d'étudiants s'installe rue Lacépède à Paris 5e.

 

1943                Elle devient docteur en histoire de l'art en passant sa thèse sur "l'exotisme dans l'art européen des XVIIe et XVIIIe siècles". Elle est prise comme rédactrice à la Ville de Paris.

 

1945                Naissance de son fils Samir à Paris 3e. Le jeune couple s'embarque quelques mois plus tard pour la Syrie.

 

1946-50          Son mari Sélim devient successivement Conservateur, puis Directeur du musée national de Damas. Elle écrit avec lui le "Catalogue illustré du département des Antiquités gréco-romaines au Musée de Damas".

 

1951                Naissance de sa fille May à Damas.

  1950-1964      Enseignement donné dans l'un des collèges de Damas.

 

 

1950-1964      Son époux Sélim est devenu Directeur général des antiquités et des musées de Syrie. Elle reçoit avec lui les savants et archéologues de passage, comme Henri Seyrig, Maurice Dunant, André Parrot, Claude Schaeffer, Jean Starcky, Henri de Contenson et tant d'autres.

 

1965                Sélim Abdulhak est nommé chef de la division des monuments et des musées à l'Unesco. Toute la famille s'installe avenue de Suffren. Samir suit des cours d'architecture. May suivra des études de droit après le Lycée.

 

1965-1978      Andrée devient Conservateur au Musée d'art moderne de la ville de Paris... Elle travaillera sous la direction de Pierre Gaudibert et de Jacques Lassaigne et aux côtés de Suzanne Pagé, Bernadette Contensou et Danièle Molinari. Elle aura l'occasion d'approcher des artistes contemporains comme César, Delaunay, Hartung, Hundertwasser, Mathieu, Piza, Schumacher, Soto et surtout Zaou Ki.

                        Elle participera à la préparation de l'exposition sur "l'Art cinétique" ou sur "Douze ans d'art contemporain, 1960-72".

                        Elle sera commissaire d'expositions en France et à l'étranger. Elle sera notamment chargée de la présentation de l'importante collection Dufy avec un catalogue raisonné et sa diffusion, notamment en 1975 à Marcq-en-Baroel (Fondation Septentrion), en 1976 à Tokyo (Musée d'art Seibu), en 1977 à Bogota (Musée des Beaux-Arts), en 1977 à Liège (Musée Saint-Georges), en 1980 à Copenhague (Musée national), en 1981 à Dublin (Galerie nationale d'Irlande).

Elle montera des séries d'expositions au musée comme en 1968 sur Le Mieux (Canada), en 1972 sur Auberjonois (Suisse), en 1974 sur Malévitch, en 1977 sur la calligraphie arabe.

Dans le cadre d'échanges culturels, elle présentera "les peintres de l'Ecole de Paris" en 1971 à Bratislava (Musée des Beaux-arts) et en 1972 à Prague (Musée national).

En 1972-73 à Rio de Janeiro, ce sera "Kandinsky, pionnier de l'abstraction" (Musée d'Art moderne); en 1974, à Tokyo puis Kyoto "les précurseurs du Cubisme"; à Tokyo en 1977 "Fernand Léger"; en 1979 à Tokyo encore "les chefs-d'œuvre des musées de la Ville de Paris" (Musée de la Ville de Tokyo).

 

1968                Installation de la famille au 119 de la rue Lecourbe à Paris 15ème, près de l'Unesco. Andrée ne changera plus de domicile.

 

1972                Sélim, son époux, est à l'Unesco la cheville ouvrière de la célèbre Convention du Patrimoine mondial, aujourd'hui ratifiée par 185 états. Il atteint l'âge de la retraite de l'Unesco l'année suivante. Pendant les 5 années suivantes, il part seul diriger le département d'archéologie de l'université de Benghazi en Libye.

 

1978                Andrée devient Conseiller artistique à la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris. Elle est chargée des acquisitions et des dons pour les 14 musées municipaux. Son activité implique de participer à des ventes aux enchères, de visiter des artistes nécessiteux et parfois de mettre en place les œuvres dans certains bureaux. La sûreté de son jugement est particulièrement appréciée. Elle organise notamment la première exposition de sculptures contemporaines en plein air sur le quai Saint-Bernard (5e).

 

                        Elle travaille auprès de Michel Boutinard-Rouelle, Directeur des Affaires culturelles de la Ville de Paris et avec Bruno de Saint-Victor, Sous-Directeur du Patrimoine culturel. Elle côtoie les Conservateurs de la ville comme Adeline Cacan de Bissy, Bernadette Contensou, Vadime Elisséeff, Bernard de Montgolfier ou Henri Cazaumayou; elle rencontre Jacques Chirac Alain Juppé et Pierre Bas.

 

1986                Elle prend sa retraite à 66 ans et doit se charger de sa sœur Suzanne atteinte d'hémiplégie et qui meurt en 1988.

 

1991                Sélim et Andrée sont invités à donner des présentations à l'occasion d'un Congrès archéologique à Palmyre (Syrie). Elle doit rentrer en catastrophe en raison d'une violente crise d'asthme. Ses problèmes pneumologiques commencent.

 

1992                Décès de Sélim Abdulhak d'une embolie pulmonaire.

 

1993-2004      Voyages avec sa fille May et parfois avec son fils Samir et sa belle fille Hala en France, en Egypte, en Espagne, en Hongrie, en Italie, en Suisse, etc.

 

2004-2006      Les problèmes respiratoires s'aggravent. Des séjours de quelques semaines au Centre pneumologique des Pins à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) deviennent nécessaires.

 

4 avril 2007     Début de sa dernière hospitalisation à Lamotte-Beuvron. Elle ne rentrera plus à son domicile.

 

5 avril 2008     Décès par insuffisance respiratoire, vers 6h du matin, à Lamotte-Beuvron.

 

9 avril 2008     Cérémonie religieuse à ND de l'Arche d'Alliance, une église contemporaine, à Paris 15e et inhumation au cimetière du Montparnasse.

   DISTINCTIONS :
 

Chevalier des Arts et des Lettres

Chevalier des Palmes Académiques

    Paris le 10.06.2008

 

                                         Quelques traits de caractère
    

Andrée Abdulhak née Maubert fut déjà une femme moderne et volontaire pour son temps en s'engageant dans des études universitaires assez longues qu'elle réussit d'ailleurs brillamment. Mais, sa grande aventure fut sa rencontre avec l'Orient, d'abord au travers de son compagnon d'études qui sera l'homme de sa vie, Sélim Abdulhak, ensuite par son arrivée en 1945 dans un pays neuf, la Syrie, qui accédait enfin à son indépendance après en avoir été longtemps privé. Elle apprit à parler l'arabe sans jamais prendre de leçons, sans se faire donner d'explications et pratiquement sans se tromper. Elle sut se faire extraordinairement apprécier par sa belle famille.

 

Elle participa à l'expansion de l'archéologie et des musées en Syrie aux côtés de Sélim qui la consultait souvent, mais elle reprit toute son indépendance professionnelle quand il prit ses fonctions à l'Unesco en 1965 et qu'elle retourna en France avec lui. Elle fut en contact avec les mouvements artistiques de la seconde moitié du XXe siècle et contribua activement à les faire connaître en France et à l'étranger. Ses penchants esthétiques étaient suffisamment diversifiés pour la faire passer avec aisance de l'archéologie à l'art moderne et de l'Europe à l'extrême-orient.

 

Son côté créatif se manifestait dans sa cuisine qui était excellente et éclectique. Parmi les recettes de son invention, de délicieuses tartes à la viande ou au fromage innovaient par leur combinaison de l'orient et de l'occident. Pourtant Andrée n'avait pas ce que l'on appelle un tempérament d'artiste. Elle était en effet plutôt une abeille organisée et méticuleuse, sachant calculer et planifier à l'avance. Ses qualités de gestionnaires lui furent professionnellement précieuses. A quelques jours de sa disparition, sa mémoire et sa présence d'esprit faisaient encore l'étonnement de tous.

 

Elle avait le don de se faire aimer, qu'il s'agisse de sa belle famille, nous l'avons vu, mais aussi de ses collègues de travail, des commerçants du quartier, de ses voisins d'immeuble et même dernièrement du personnel hospitalier. Elle trouvait le mot juste pour chacun. C'est qu'elle avait la faculté de comprendre les autres par empathie en se mettant à l'écoute de tous, faibles ou puissants. Elle en tirait de singulières facultés de discernement et de jugement.

 

Souvent "mère poule" pour les siens, elle restait modeste et abordable pour tous et en toutes circonstances. Quand sa maladie s'aggrava, elle eut la force de caractère de se redresser une fois, dix fois, mais en sachant, sans plainte, accepter son sort avec sérénité et dignité.

 

Andrée Abdulhak a laissé le souvenir d'une grande dame dont la mémoire est évoquée de tous avec amour, respect et admiration.

   

                                                                                                                                               Paris le 07.04.2008

  
Last Updated on Friday, 08 February 2013 09:43
 

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