L'esclavage à Rome du V° siècle av. J.-C. jusqu'au l'avènement de L'Empire par Ahlem Meghirbi PDF Print E-mail
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Written by Ahlem Meghirbi   
Monday, 19 May 2014 14:15


Avant-propos :


En latin, servus (esclave) ou ancilla (servante) ; pour les Romains, l’esclavage fut infamant et un citoyen préfère se suicider que de tomber en esclavage dans un peuple non-romain. Généralement, les esclaves trouvés à Rome ou bien dans le monde romain viennent d’autres peuples conquis et cela se manifeste par certaines différences et caractéristiques qui s’opposèrent au maître comme par exemple la langue, la religion ou la couleur de la peau.
Le maître romain possède un grand nombre d’esclaves qui sera l’une des sources de son prestige.

I- Les origines de l’esclavage :


1) Les conquêtes militaires :


Puisque le peuple romain était militaire, cette notion provient, essentiellement, des guerres et des conquêtes militaires. Les prisonniers deviennent des esclaves du dominus ou bien le maître, autrement dit un citoyen romain. Ce sont des personnes qui ont été privés de tous leurs droits surtout les droits civils.

2) L’achat :


L’esclave acheté paraissait sur les marchés, ses pieds étaient marqués de blanc, avec un écriteau au cou, qui indiquait ses qualités ainsi que ses défauts. Il était mis sur un tréteau et devait faire un certain nombre d’actions pour attirer l’attention des acheteurs.

3) La naissance :


La troisième origine ou bien source de l’esclavage à Rome était la naissance dans la maison du maître. L’esclave appartenait à des parents esclaves. Il gardait le titre d’une personne non-libre et dominé par une autre personne, généralement, par le Pater familias.

II- Le nombre d’esclaves et ses conséquences :


Concernant les anciens romains, les aristocrates possédaient parfois des milliers d’esclaves. Un seul chevalier ou partisan pouvait avoir 5000 esclaves dans son domaine et dans ses propriétés. Le maître maintenait toutes les règles et tous les ordres entre ses mains pour avoir une organisation interne bien faite dans sa maison. Il devait avoir tout chez lui. Les esclaves sont des cuisiniers, des décurions, des ouvriers, des cultivateurs, c’est à eux de faire toutes les tâches ménagères. Le maître n’acheta rien de dehors, et chez lui il avait de quoi faire manger tous les habitants et tous les esclaves de ses propriétés, qui étaient une sorte de denrées. La maison ou le domaine contenait toute sorte de métiers et d’ouvriers, ce sont des maisons-villes et des maisons-casernes. Les esclaves entassaient les récoltes, la nourriture et même les tuniques dans des magasins. Mais, ce grand nombre d’esclaves n’était pas toujours positif, puisqu’on peut parler des cas d’infidélité, d’escroquerie et de trahison entre les esclaves eux-mêmes et envers leur maître suite à la domination et suite à l’exploitation. Le luxe d’un maître était de posséder le maximum d’esclave, même la bourgeoisie romaine calqué à un certain moment cette caractéristique aristocrate. La nourriture des esclaves était choisie pour leur donner un régime épicurien pendant les repas. Le maître circulait avec un grand nombre d’esclaves à Rome ou en dehors de la ville et même les femmes étaient accompagnées d’un certain nombre de servantes : des suivantes, des nourrices, etc.

Parfois, les esclaves représentaient une sorte de membres pour leur maître. Un esclave ouvrait la porte aux invités, un autre la fermait, un troisième pour les faire entrer à côté du maître, un quatrième pour lui enlever son manteau, un cinquième pour servir le repas, un sixième pour soulever la table, etc. Et, même pour la toilette de la maîtresse de la maison, on comptait un grand nombre de servantes et de suivantes pour la servir.

Ce sont des foules de serviteurs pour les désirs et pour établir les ordres. Tous les esclaves étaient aux services de leur maître sans avoir commis de fautes et c’est pour cette raison le dominus ne faisait rien du tout et il va avoir l’habitude de ne rien faire et tous ses serviteurs s’empressaient autour de lui. Ils partageaient les fonctions de sa vie puisque tout est minutieusement réglé et calculé. Le maître était presque tout le temps allongé et les serviteurs lui donnaient tout.

Mais, il faut signaler que la relation entre le dominant et le dominé pouvait être différente et si le maître était mécontent de son esclave, il pouvait se débarrasser de lui et même le tuer sans retourner à une autre personne puisque l’esclave était une des propriétés du maître et sa vie ou sa mort dépendait de lui tout seul, autrement dit, il était abandonné complètement à son maître selon la législation romaine. L’activité physique de n’importe quel esclave ne pouvait pas s’affaiblir. Leur condition était défavorable, il était traité comme une chose si ce n’est pas comme un animal et les lois romaines étaient claire et nettes concernant ce sujet.

Une note très importante à marquer, c’est que la religion romaine ne s’opposait pas à la notion d’esclavage. L’esclave assistait aux temples et il était chômeur les jours de fêtes et il avait la permission de parler librement. En revanche, le lendemain matin, il reprenait ses tâches de servitude. La plupart d’entre eux venaient de l’Egypte et du Moyen-Orient et les cérémonies organisaient aux dieux orientaux leur rappelaient ces lieux. La religion leur était une source d’apaisement. A part la religion, la philosophie n’était pas contre cette notion et elle l’acceptait. Les philosophes demandaient aux maîtres de bien traiter leurs serviteurs et que les mœurs publiques étaient plus douces avec les esclaves : telles étaient les idées de Cicéron et de Sénèque en demandant de la tendresse et de la charité envers eux qui songeaient même au christianisme. Horace demandait un certain savoir-vivre en traitant ce sujet d’esclavage dans cette société romaine antique pour que les esclaves ne soient pas agressifs. Avec l’avènement de l’Empire, les lois étaient changées, les esclaves fautifs se livraient aux bêtes ; tandis que sous le règne de l’empereur Hadrien, une matrone était exilée pendant cinq ans après qu’elle avait maltraité ses serviteurs. Sous le règne de l’empereur Antonin, le maître n’avait plus le droit de tuer son esclave, ce dernier pouvait porter plainte auprès de la justice pour mettre fin à la cruauté des maîtres et il y avait des juges qui les écoutaient afin d’établir la stabilité et la justice au sein de la société romaine.

Donc, les philosophes avaient joué un grand rôle en mentionnant aux gens que les esclaves sont des hommes et des êtres humains comme eux en respirant le même air et en les traitant comme des amis d’un rang plus bas ou inférieur. Néanmoins, le peuple ne lisait pas les écrits des premiers et c’est l’instinct qui les conduisait, en se rapprochant d’eux et en partagent leurs souffrances.

Plusieurs historiens avaient montré que cette « classe » n’avait pas le sort surtout dans le monde rural et au milieu des champs et que les distinctions existaient. Ils étaient moins bien traité, ils ressemblaient selon les philosophes à des animaux et plus précisément à des bœufs vu le matériel utilisé et la condition défavorable de l’exploitation vécue. Le soir, ils les rassemblaient dans une sorte d’écurie comme le bétail ou même dans des prisons souterraines avec des fenêtres étroites et assez élevées au niveau du sol et de cette manière ils ne pouvaient pas les atteindre et l’idée de s’enfuir sera niée complètement. Ils leurs mettaient même des fers et des sortes de menottes aux pieds. En Aventin, les fouilles des archéologues trouvaient des restes d’une prison d’une maison antique romaine. Mais malgré ce sort malheureux, ils étaient contents et ils partageaient plusieurs moments de joie et de liesse surtout lors des vendanges et lors de jours fériés, ils étaient gais. Et, pour punir un des esclaves de la ville, le maître l’envoya à ses champs.

Il ne faut pas oublier que quelques esclaves avaient des fonctions publiques où ils préposaient à la monnaie, aux revenus de l’Etat et à l’alimentation de Rome ; quelques esclaves faisaient parties des temples et des corporations civiles et religieuses. Le sort de ces esclaves était plus meilleur. C’est pour cette raison, Pline le Jeune prenaient la défense des esclaves, ils refusaient de leurs mettre du fer en cultivant les champs, de les entasser dans des cellules étroites ou de les maltraiter en général. Il s’occupait d’eux en cas de maladie, il leur demandait de rédiger un testament et de laisser leur argent à leurs amis. Il faut regarder l’esclave comme un parent et ce n’est pas comme un être étrange et il faisait tout le temps partie de la famille. L’esclave était un homme sans droit et il n’atteint pas le statut de citoyen. Il y avait des relations intimes entre le maître et son esclave, il pouvait le traiter comme un enfant, il fréquentait avec lui les bains publics et il assistait aux jeux du cirque, il lui élevait une tombe en mourant en notant des expressions de sentiments tendres pour leur fidélité ainsi que pour leur affection.

Il y avait une sorte d’esclave lettré et cultivé, comme par exemple les médecins, les grammairiens et les savants, etc., qui se vendaient plus chers que les autres et le maître peut avoir une sorte de cours d’études dans sa propre maison. Les maîtres avaient besoin des esclaves bien instruits, habiles et rusés. Mais, pour une famille romaine, si l’esclave gouverne au lieu de maître il le dominait automatiquement et les conditions changeaient facilement ; il dirigeait le tout, toute la maison se mettait sous sa volonté même l’épouse et les enfants de son maître, c’est lui qui commandait et le dominant devenait dominé.

III- Les relations entre les esclaves :


Ce sont des relations très compliquées. Pour le maître, les esclaves avaient tous les mêmes droits. Mais, on assistait à une hiérarchie à cause des fonctions : fermiers et intendants. Les secrétaires et les trésoriers étaient choisis avec délicatesse tandis que les jardiniers et les huissiers se montraient supérieurs par rapport à leurs amis ; juste après venait le rôle des décuries, puis le reste des esclaves.

L’esclave pouvait lui aussi avoir son propre esclave, tel est le cas des trésoriers et on tombe dans la situation suivante : l’esclave de l’esclave ou bien vicarii, qui était le dernier stade de la servitude avec une souffrance extrême. Donc, l’un maltraitait un autre de façon continu. C’est une sorte d’aristocratie dans la servitude.

Mais, le maître pouvait réunir tous ses esclaves comme un peuple pour se délibérer ou pour voter une récompense. Et, l’amitié et l’affection entre les esclaves restaient remarquables.

Concernant les lois de la Rome antique, l’esclave n’avait pas le droit de se marier puisque le mariage resta l’affaire d’un citoyen romain. Pour les législateurs, l’esclave avait une compagne et ce n’est pas une femme libre mais il appela sa concubine sa « femme » et leur enfant sera aussi esclave, le maître assista et sa famille à la cérémonie du mariage. Sous l’Empire, le mariage servile va être légal et les femmes vont avoir le titre d’épouse ; mais après cette loi va être rejetée. Avec une famille, l’esclave pouvait difficilement acquérir sa liberté, elle coûtait plus chère et avait une longue durée pour pouvoir l’octroyer à plusieurs personnes. Mais, le maître pouvait affranchir une esclave et l’épouser.

IV- L’affranchissement :


L’esclave quittait la maison de son maître à travers l’affranchissement ou la mort libertus ou libertinus. Il payait sa liberté à travers une somme d’argent ou bien il recevait la générosité de son maître. Il pouvait devenir riche. Le prix variait d’un maître à un autre : c’est aux alentours de 7000 sesterces. Sénèque montrait que les esclaves économisaient pour acheter leur liberté. Au lieu de manger, ils épargnaient leur argent.

Si le maître était bon et généreux, après quelques années, il amena son esclave chez le prêteur. Il en fait de lui un homme libre en lui ajoutant une somme d’argent pour commencer une nouvelle vie.

Pendant le premier siècle de l’Empire, l’affranchissement devenait fréquent. En revanche, Auguste essayait d’empêcher les esclaves d’avoir leur liberté en interdisant aux maîtres d’affranchir une personne âgée de moins de vingt ans ni de l’avoir avant d’atteindre les trente ans, le maître n’avait pas le droit d’inscrire dans son testament l’affranchissement de cent esclaves.

Les lois romaines mentionnaient que l’esclave affranchi resta client pour son maître et il ne pouvait pas avoir le statut d’un homme libre.

Il pouvait être affranchi par une décision judiciaire quand son maître le maltraitait énormément. Un citoyen romain devenait esclave à cause de ses dettes par exemples s’il est un prisonnier de guerre ou bien après une piraterie, par traîtrise, par une mauvaise conduite ou bien s’il est fils d’esclave. Un enfant abandonné avait le titre d’esclave.

Sous le Bas-Empire, cette notion s’affaiblissait à cause de l’approvisionnement des esclaves qui devenait difficile puisque les guerres étaient terminées.

V- Les guerres ou les révoltes serviles à Rome :


Les révoltes serviles étaient nombreuses à Rome et la première datée sous la République aux alentours du cinquième siècle av. J.-C. Il faut signaler que les Romains attestaient à plusieurs révoltes d’esclaves ainsi que trois principales guerres.

Ces troubles étaient liées souvent à des périodes d’instabilité que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.

La première révolte traitée par les historiens est celle de l’an 501 av. J.-C, les révolutionnaires voulaient occuper le Capitole, mais ils échouèrent. La seconde est celle de l’an 460 av. J.-C. puisque un peu plus de 2000 hommes se dirigèrent vers le Capitole sous le commandement d’Appius Herdonius, elle va avoir le même sort que la première et le consul Publius Valerius Publicola mît fin à la rebellion avec l’aide des habitants de Tusculum. La troisième avait eu lieu en 419 av. J.-C. et leur but était encore une fois le Capitole et le sort était le même que celui des deux précédentes. Néanmoins, un grand nombre de bergers esclaves se révolta en 185 à Apulie et avait un lien étroit avec le scandale des bacchanales, puisque les fidèles de Dionysos rejoignirent les esclaves et les Romains passaient deux années pour les vaincre et cette révolte préfigurait les deux premières guerres serviles :

- La première guerre servile avait été déroulée entre 140 et 132 av. J.-C., qui était au début une sorte de révolte et guidée par Eunus, d’origine syrienne, en Sicile. Les esclaves arrivaient à construire leur propre royaume dans cette région romaine sous le nom du « royaume des Syriens ». Aristonicos était influencé par Eunus et aidé par le stoicien Blossius voulait agir contre Rome qui mît fin à cette aventure vers 129.

- La seconde guerre servile datée entre 104 et 100 av. J.-C., elle commença comme une révolte en Sicile aussi, les esclaves avaient construit un second royaume. Néanmoins, la rebellion se transforma en une guerre et le consul Manius Aquilius Nepos avait gagné la bataille.

- La troisième guerre servile était assez courte par rapport aux deux premières, elle commença en 73 et s’acheva en 71 av. J.-C. sous la direction de Spartacus. C’est un esclave et gladiateur de Thrace. Il voulait mettre fin à cette histoire d’esclavage à Rome en cherchant la liberté des esclaves. Près de 300 esclaves gladiateurs avaient pris les armes dans la ville de Capoue en se dirigeant vers la ville de Naples où un groupe d’esclaves agricoles les rejoignaient pour être des hommes libres. Spartacus arriva à convaincre quelques bergers et des petits paysans et organisa une armée et gagna les auxiliaires de l’armée romaine et il crée une république idéale. C’est pour cette raison, le sénat romain demanda à Crassus de le combattre avec l’aide de quatre légions mais il avait échoué. Le dessein de Spartacus était la Sicile pour regagner Thrace. Mais, il avait été trahi et Crassus le bloqua. Il arriva à vaincre trois légions romaines. Le général romain le bat définitivement en tuant 60000 insurgés et le sort des esclaves va être médiocre.

Conclusion :


La notion d’esclavage était fortement répondue pour les Romains. Les relations entre dominant et dominé varie d’un maître à un autre. La relation entre les esclaves n’était pas stable. L’instabilité entre maître et esclave menait Rome et l’Empire à vivre des révoltes pour s’échapper à leur condition médiocre. Avec la chute de l’Empire Romain d’Occident, l’esclavage continuait avec une économie rurale.

Bibliographie :

- Gaston Boissier, La religion romaine, d'Auguste aux Antonins (1874).

- Henri Wallon, Histoire de l'esclavage dans l'Antiquité, 1848, rééd. 1879, et Robert Laffont, 1988.

- Pour les sources de l'esclavage, voir Bruno Schmidlin, Droit privé romain I, Helbing Liechtenhahn, Bâle, 2012, p. 144-145.

- Jean-Christian Dumont, Servus. Rome et l'esclavage sous la république, École française de Rome, 1987
 

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