L’amazighité par Madjid Ait Mohamed suivi hommage au amazigh Moufdi Zakaria suivi commentaire H.Z. PDF Print E-mail
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Written by Madjid Ait Mohamed   
Friday, 14 July 2017 13:59

ASSUMER NOTRE IDENTITE

Maroc du 13 ‐ 12 au 16 12 2013

Voilà, plus d’un demisiècle depuis que nous avons recouvré notre souveraineté sur nos territoires et nous réalisons que l’indépendance ne signifie pas la liberté. L’autoritarisme autochtone s’est substituée à l’autoritarisme étranger.

Sur le plan identitaire, notamment dans le sous continent nord africain, nous  avons assisté carrément à un viol des consciences. Une identité baathiste s’est substituée par la violence à l’identité historique qu’est l’amazighité. Pendant des décennies cette dernière a été niée, vouée à l’opprobre; ses partisans ont subi les pires sévices, exécutés dans l’anonymat.

Mais la ténacité dans la lutte, l’avancée des principes démocratiques dans le monde laissent entrevoir des perceptions prometteuses. Du moins formellement, elle commence à être reconnue au Maroc, en Algérie, en Libye. Les autorités locales restent très loin de l’assumer. Par contre, ces mêmes autorités font état du caractère impératif d’une démocratisation pour réaliser le développement économique et social de chacun des pays et assurer une forme supérieur de cohésion sociale. Dans cet ordre d’idées, l’amazighité s’avère indissociable de la démocratie qui s’entend comme une somme de valeurs que respecte la communauté et non comme l’organisation de scrutin (vote) qui ne changent rien. Sans démocratie, les attaques au grand jour et le plus souvent sournoises continueront à frapper l’amazighité. On le remarquera, tamazight n’est pas plus officielle dans les faits au Maroc qu’elle n’est national en Algérie.

 

Partout, aux Iles Canaries, au Sahel, en Egypte et en Afrique du nord, la disparition de tamazight est programmée. Un exemple parmi tant d’autres; il y a un mois à Khenchela (Algérie), on continue à demander des autorisations paternelles aux élèves apprenant tamazight, et l’enseignement se réduit à deux heures par semaine, dispensé de façon éparse, facultatif, quand il fait beau et qu’il y a un budget pour rémunérer l’enseignant

Sans démocratie, il n’y a pas de citoyen; l’individu, dépourvu de personnalité est réduit à un non être. En réalité, il n’a même pas une identité baathiste, encore moins une identité amazighe laquelle, est perçue comme ennemie intérieure. Dans ce cas, toute élévation du niveau culturel de la population est combattue. Sans démocratie, la promotion identitaire reste problématique. La rente sur le plan économique est consacrée à l’entretien des appareils répressifs et non à la promotion de la rationalité, de la culture. Et c’est l’amazighité qui sera annihilée, sinon réduite à la portion congrue.

Sans démocratie le chaos qui s’annonce partout dans nos contrées est lourd de périls.

Il est fort à craindre que l’amazighité continue à être présentée comme un facteur de division, les pouvoirs en place s’arrogeant la fonction factif d’arbitre et de cohésion nationale. En somme, la reconnaissance pleine et entière de l’amazighité constitue un excellent indicateur de l’avancée et de l’ancrage démocratique dans nos structures sociales, car il est indéniable que sans l’amazighité qui demeure le socle sur lequel est basé nos contrées, la démocratie n’est qu’un leurre.

Nous sommes tous amazighs quelles que soient nos origines à titre individuel. Nous ne sommes ni une race pure, ni une ethnie fermée et portée de dégénérescence; nous sommes le produit de notre histoire, nous n’avons pas à inventer une autre histoire, futelle glorieuse. L’amazighité, aujourd’hui brimée, ne peut se comporter en identité meurtrière au sens de Amine Malouf parce qu’une identi n’est meurtrière qu’à l’extérieure de ses frontières. Nous, nous voulons retrouver nous même et pas agresser les autres.

L’amazighité est un rattachement à un passé « Les hommes libres » se définissaient ainsi par rapport aux sociétés environnantes où l’esclavage était endogène à savoir le long du Nil et le long du Niger,


des terres très riches exploitables par une main d’œuvre servile. Chez nous, nos montagnes, aux sols pauvres, nos plaines exigües et nos plateaux parvenaient juste à nous nourrir.

L’amazighité c’est aussi recouvrer une personnalité pour être acteur dans l’histoire, jusqu’à présent a été violée. On a cru peut être bien faire ! Cette dérive a été bien résumée par Alexandre Dumas ’’Il est permit de violer l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants’’… Et en Afrique du nord, accoucher d’un Ben Bella, Ben Ali, Kadhafi, Moubarak et de la nouvelle classe dirigeante issue de la révolte nord africaine qualifiée honteusement d’arabe ainsi que de toute cette panoplie d’hommes politiques marocaine amazighophobes dont la liste  a  été  publiée  sur  la  toile  par ‘’Amazigh World’’ n’est pas du tout beau. Sans amazighité, on ne peut parler de démocratie, de participation au cours de l’histoire contemporaine.

Je ne voudrais pas conclure sans citer une pensée de Saint Exupery qui s’intègre dans ce contexte « Je les ai toujours trouvés pauvres ceux qui ne savaient pas de quoi ils étaient solidaires. Je les ai vus se chercher une famille, une patrie, une religion ; mais ils n’y a d’accueil vrai que dans la racine. Si tu sais le découvrir branche, bien accrochée à l’olivier, tu goutteras dans tes balancements l’éternité ». Des oliviers, ce n’est pas ce qui manque chez nous !!!!

Madjid Ait Mohamed

Ancien du Mouvement Culturel Berbère Membre Fondateur de la Ligue Algérienne

 

pour la Défense des Droits de ‘Homme Ancien détenu Politique (1981)

 

http://www.mlfcham.com/v1/index.php?option=com_content&view=article&id=

1246:moufdi-zakaria-hommage-au-amazigh&catid=84:video&Itemid=1750

 

 

 

l'amazyghité dans l'arc en ciel de "notre" intelligence collective

Notre monde arabe (il l'est d'abord par la langue que Moufdi Zakaria a utilisé comme véhicule de ses réflexions esthétiques) est - d'ailleurs comme les autres entités pour ne pas dire les nationalités - un creusé de couleurs de plusieurs sous-identités (et le mot "sous " ne porte pas une connotation d'infériorité) et cela est particulièrement le cas en notre région "le Crescent fertile" où la question kurde prend des dimensions comparables à celles qui s'imposent pour les amazighs dans les pays du Maghreb (encore une fois) arabe...

En tant, aussi, que français je comprends les sentiments de toutes ces couleurs constitutives d'une société (les amazighs, les kurdes, les arméniens, les Turkménistan etc. de toutes les religions ou l'absence de celles-ci) puisque en France je fais aussi partie d'une mosaïque comparable, et m'optant - pas sur un sentiment d'isolation mais au contraire - j'ai toujours été contre l'insertion et pour une intégration riche et enrichissante... puisque mes surplus culturels - s'ajoutant à ceux de la douzaine de différents composants de la société française - définissent - selon la constitution choisie démocratiquement par la majorité des habitants de l'hexagone - le tissu tricolore comme un et indivisible,  et ça nous mène au sujet...

Poser le problème sur le plan de la démocratie est à mon humble avis transporter le débat loin d'une intelligence collective qui trouve ou doit trouver, dans ses deux  composants "intelligence" et "collective", une solution de vivre ensemble ... je suis sensé être arabe mais seulement par sentiment d'appartenance et je ne peux pas et ne veux pas même le prouver puisque cela n’est autant pas important qu'hors sujet...

Imaginer que les amazighs ont souffert plus leurs concitoyens due au carence de la démocratie est inconcevable... imaginer que la discrimination ne peut se trouver dans une institution démocratiques l'est autant... et tout cela est encore une fois  hors sujet

...

Revenons alors au sujet qui est de savoir et vouloir vivre ensemble... qui est le défi le plus déterminant de la campagne de reconstruction de notre ou nos pays... retrouvons la définition du mot "nous" comme arc en ciel où une couleur n'a pas ni l'option ni la possibilité d'en sortir sans casser la structure de cet arc en ciel, et c'est là où réside la question qui s'impose aujourd'hui beaucoup plus qu'hier...

Cela étant il ne faut surtout pas esquiver ce que beaucoup se précipite à faire... tendre la main aux salvateurs... "la communauté internationale"... ce qui n'est, n'a jamais été un pas en avant... qui ne rend service à quiconque sauf qu'au dite communauté internationale, qui ne cherche qu'à exploiter la carence de notre intelligence collective en faisant fi de  toutes autres carences.... avoir un minimum de clarté doit nous épargner des même tristes expériences subites bêtement à répétition...

Se couper de soi n'a jamais été la solution, la redéfinir dans l'esprit de "nous" l'est

Hassan

Last Updated on Saturday, 12 August 2017 14:58
 

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