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Sélim ABDULHAK (1913-1992) - Des Antiquités syriennes au Patrimoine mondial - 1ère partie: Eléments d'une biographie professionnelle PDF Print E-mail
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Written by Samir Abdulac   
Wednesday, 29 August 2012 14:05

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Sélim ABDULHAK (1913-1992)

Des Antiquités syriennes au Patrimoine mondial

Eléments d'une biographie professionnelle

     

L’année 2012 marque à la fois  le 20e anniversaire de la disparition du Dr. Sélim ABDULHAK et le 40e anniversaire de l’adoption de la Convention du Patrimoine Mondial qu’il avait contribué à mettre en place.

 

 

 

L’année 2013 sera le 100e anniversaire de sa naissance.Puissent ces quelques lignes contribuer à mieux mettre en perspective l'ensemble de sa vie professionnelle, que ce soit en Syrie, dans le monde arabe ou au niveau international. 

 Les années d’étude 

Sélim Adel, fils de Mustapha ABDULHAK et de Aïcha Adla MAMELOUK, naquit à Damas, en décembre 1913. Ayant obtenu le diplôme de l'Ecole Normale en 1933, il fut nommé instituteur à Deraa ou il commença à écrire des livres scolaires. 

En 1937, l'indépendance de la Syrie était désormais sérieusement envisagée. Pour la préparer, le concours de nombreux cadres était indispensable dans tous les domaines. Le gouvernement sélectionna les éléments les plus prometteurs de la jeunesse et leur attribua des bourses en vue d'entreprendre des études universitaires en France. Plusieurs dizaines se retrouvèrent à Paris. Sélim ABDULHAK faisait partie du groupe. 

Parmi ses compagnons boursiers dont les destins ultérieurs furent bien variés, citons Maarouf al DAOUALIBI, futur premier ministre, Amjad TRABULSI et Abdelwahab HOMAD futurs ministres, Hikmat HACHEM futur recteur de l'université de Damas, Adel AOUA, Noureddine HATOUM, Ihsan JOKHADAR, Ouassel KATABI et Jawdat al RIKABI futurs professeurs d'université, Izzat TRABULSI futur directeur de la Banque Centrale, Awad BARAKAT et Akram OJJEH futurs hommes d'affaires. 

Il lui revenait quant à lui d'étudier l'histoire de l'art. Retenu bientôt par l'éclatement de la seconde guerre mondiale, il passa finalement huit ans à Paris, de 1937 à 1945. Il entreprit en fait d'y étudier également l’histoire, l'archéologie, et même l'urbanisme. Ayant en effet l'aptitude de réussir vite et bien, il ne lui fut pas trop difficile de collectionner les diplômes. C'est ainsi qu'il obtint :

        - Une licence ès Lettres de la Sorbonne (Université de Paris) en 1941.

        - Un diplôme de l'École du Louvre en 1943, avec comme sujet de thèse : Les représentations allégoriques dans l'art grec et évolution à l'époque hellénistique.

        - Un doctorat ès Lettres de l'Université de Paris en 1943., avec comme sujet de thèse : Les sculptures des portails du transept de la cathédrale de Chartres.

        - Un diplôme de l'Institut d'Art et d'Archéologie de l'Université de Paris en 1944.

        - Un diplôme de l'Institut d'Urbanisme de l'Université de Paris en 1945. 

Logé tout d'abord à la cité universitaire, il s'installa ensuite au quartier latin. Il épousa en 1942 Andrée Jeanne MAUBERT (1920-2008), une camarade d'études de l'Ecole du Louvre, qui passa son doctorat en même temps que lui, et qui devint aussi la compagne de sa vie professionnelle. Ils eurent deux enfants, Samir et May.  

Les années des Antiquités syriennes 

Le Dr Sélim ABDULHAK rentra en Syrie à l'automne 1945, à un moment où le pays accédait enfin à l'indépendance. Il fut aussitôt nommé Conservateur du Musée National de Damas et rapidement promu en 1950 au poste de Directeur général des Antiquités et des Musées. Il succédait ainsi à l'émir Jaafar al HUSSEINI (jusqu'en 1946) et à l'archéologue américain Franck BROWN (1946-1948). Ce service, autrefois dirigé par Henri SEYRIG (avant la seconde Guerre Mondiale), était encore embryonnaire. Il restait encore énormément à faire pour l'organiser et le développer. 

Appartenant à la génération de ceux qui se lancèrent dans la construction d'un état moderne, il y contribua en s'attachant pendant une quinzaine d'années à fouiller, protéger et mettre en valeur son patrimoine archéologique, architectural et historique. Le Dr Ali ABOU ASSAF ancien Directeur Général des Antiquités dira à ce propos : "si quelqu'un voulait rédiger l'histoire de cette institution, il établirait que le regretté docteur Sélim Abdulhak en était le fondateur. Si les pierres et les boiseries de cette salle pouvaient s'exprimer, elles diraient que le défunt est l'un des piliers de cet éveil national qui voyait dans le patrimoine une source de science et de savoir et dans sa sauvegarde l'un de ses devoirs fondamentaux."[1] 

Alliant la compétence technique au talent de gestionnaire, il déploya une énergie peu commune et une rare force de conviction pour réaliser une politique d'action ambitieuse, globale et cohérente. C'est avec dévouement et intégrité qu'il édifia son œuvre. Il donna à la Syrie une grande longueur avance sur les autres pays arabes dans le domaine des monuments et des musées. 

Le Dr Adnan al BOUNNI, Directeur des fouilles et des études archéologiques, fera d'ailleurs observer que "Sélim Abdulhak était l'homme de la stratégie archéologique, de la planification, de l'organisation globale, des vastes programmes au long cours…"[2] 

Il développa les fouilles archéologiques grâce à l'organisation, pour la première fois, d'équipes nationales et à l'encouragement des missions scientifiques étrangères (équipes allemandes, belges, danoises, françaises, italiennes, néerlandaises, polonaises, suisses, etc.). C'est ainsi que les sites d'Ugarit, de Mari, de Raqqa, Djébleh, Amrit, Rassafa, et tant d'autres encore livrèrent d'inestimables trésors (notamment les statuettes d'albâtre de Mari et l'abécédaire de Ras Shamra). Lui-même procéda personnellement à la fouille du tombeau de Taai à Palmyre au tout début des années 1950[3]. Bien des années plus tard, il aimait évoquer comment il avait contribué au lancement du site d'Ebla en confiant les fouilles d'un tell prometteur au jeune professeur italien Paolo MATTHIAE. 

Sous son autorité furent entreprises la sauvegarde de sites prestigieux et la restauration complète ou partielle de nombreux monuments : citadelle d'Alep, sanctuaire de St Siméon, théâtre de Bosra, villes de Palmyre et d'Apamée, cathédrale de Tartous, Krak des Chevaliers, citadelle de Saladin, ruines romaines de Damas, madrasa Jaqmaqia et de nombreuses mosquées et demeures historiques, dont les palais Azem de Damas et de Hama. Il s'opposa notamment au démontage et au déplacement du château arabe qui entoure le théâtre romain de Bosra. 

Sélim ABDULHAK établit un réseau de musées à travers le pays. Il créa les nouveaux musées archéologiques d'Alep, de Hama, de Palmyre et de Tartous. Celui de Hama avait été aménagé dans une vieille demeure restaurée sur les bords de l'Oronte. Celui de Tartous était implanté dans une ancienne cathédrale de l'époque des croisades qui venait d'être restaurée. Celui de Palmyre avait été installé dans un bâtiment neuf. Celui d'Alep, moderne et élégant, avait fait l'objet d'un concours international remporté par un architecte yougoslave. 

Il fit aménager à Damas le Musée des Arts et des Traditions Populaires au Palais Azem (qu'il confia au regretté Chafic al IMAM) et le Musée Militaire à la Tekiyeh al Suleimaniyeh, monument ottoman du 16e siècle. 

Enfin, il réorganisa et fit agrandir, par extensions successives, le Musée National de Damas. C'est ainsi qu'il ajouta au noyau initial, construit en 1936 par l'architecte français Michel ECOCHARD, les ailes de Kasr el Heir el Gharbi, de l'Art Musulman, de l'Art contemporain (au 1er étage) et enfin la salle damascène, le rendant alors, par ses dispositions, le plus vaste et le plus moderne des musées de la région. 

Il assura la promotion de la peinture et des arts graphiques notamment par l'organisation annuelle d'un Salon d'automne. La construction de la section d'Art Contemporain au Musée National de Damas permit de donner un plus grand éclat à ces manifestations, de constituer des fonds permanents visitables et d'encourager sensiblement la création artistique dans le pays. 

Sélim ABDULHAK élabora un arsenal juridique alors sans pareil dans la plupart des autres pays arabes. Celui-ci visait à protéger les monuments et les œuvres archéologiques ainsi qu'à organiser les activités concernant leur sauvegarde, leur conservation et leur mise en valeur[4]. L'exportation des antiquités fut prohibée. Les fouilles étrangères n'eurent plus désormais la possibilité d'emporter que des doubles ou des pièces archéologiques d'importance secondaire. 

Il sut structurer et développer la Direction Générale des Antiquités, sur des bases modernes, marquées par la compétence, la technicité, l'efficacité, la probité et le dévouement. L'institution d'un conseil d'administration dont il était le président assura un meilleur relais avec les instances administratives et financières de l’Etat. Sélim ABDULHAK mena une politique de recrutement et de formation des cadres et des techniciens de la Direction Générale des Antiquités. 

Toute institution à caractère scientifique se doit de communiquer ses découvertes et de les publier. De plus les publications archéologiques disponibles en arabe étaient rares. C'est pourquoi il décida de fonder la revue des Annales Archéologiques de Syrie, en langues arabe et européennes afin de faire connaître les derniers travaux concernant les fouilles et l'étude des monuments. Il en fut le rédacteur en chef et il y rédigea plus d'une trentaine d'articles[5]. Il écrivit séparément des catalogues du musée de Damas[6] avec sa femme Andrée, ainsi qu'un ouvrage sur les monuments de Damas[7] avec la collaboration de Khaled MOAZ. 

Pour mieux décrire l'homme qu'il était, Adnan BOUNNI, devenu Directeur des fouilles et des études archéologiques, expliquera qu'il "était doté d'une grande force de caractère soutenue par sa puissance physique, d’un optimisme permanent et d’une immense confiance dans l'avenir. Il était toujours actif et enthousiaste, ayant la profonde conviction que les antiquités syriennes avaient une mission à accomplir au service de la Syrie et de tous les Arabes."[8] 

Il fut dans sa vie professionnelle le modèle du haut fonctionnaire, dévoué au service de l'Etat, peu tenté par les jeux de la politique politicienne. Certains chefs d'État, même radicalement opposés, comme Choukry al KOUATLY et Adib al CHICHAKLY, eurent pour lui une estime toute particulière et lui donnaient directement accès à leur bureau. Dr. Ali ABOU ASSAF rapportera au sujet de cette époque :"...j'ai alors eu la confirmation de ce que me disait notre professeur allemand, le regretté Anton Mortgadt (…) que le docteur Sélim n'était pas seulement un savant, mais aussi un gestionnaire brillant qui a côtoyé quarante ministres et qui sut gagner la confiance de tous."[9] 

Il n'hésitait cependant pas à mettre son poste en jeu s'il le fallait. Une fois, il intenta même un procès à Sabri al ASSALY, alors président du conseil, qui avait autorisé la démolition d'un bain historique classé de Damas. Une autre fois, toujours dans les années cinquante, il tint tête au Parlement et réussit, comme le rapporta Moutih MOURABET[10], à dissuader une commission parlementaire chargée du dossier de la démolition et du lotissement de la citadelle de Damas. 

Sélim ABDULHAK poursuivit parallèlement une carrière universitaire ininterrompue. Il fut en effet à l'Université de Damas, professeur d'histoire romaine et byzantine et d'archéologie à la faculté des Lettres et professeur d'histoire de l'Architecture et d'histoire de l'Art à la faculté d'architecture. En tant qu'ancien élève, le Docteur Adnan BOUNNI rapportera qu'il "avait lors de ses cours à l'université une présence exceptionnelle, un enthousiasme exaltant et un style passionnant dans sa présentation de l'Histoire. Dans un arabe solide, il recourait à des images littéraires frappantes dont ses étudiants se souvenaient par cœur."[11]  

Les années de l'Unesco 

Le grand professionnalisme de Dr Sélim ABDULHAK et le succès de la coopération internationale qu'il avait su établir avec les archéologues et les organismes scientifiques étrangers l'ont amené à l'UNESCO en janvier 1965 pour y devenir le Chef de la Section des Monuments et des Musées. 

A l'UNESCO, il s'attacha en particulier à défendre le patrimoine du Tiers-monde, en tenant compte de ses particularités. Les délégations arabes et des pays faibles trouvaient toujours auprès de lui une écoute et un soutien attentifs. Il est vrai qu'il avait le sentiment que dans les organisations internationales, certains pays et leurs fonctionnaires étaient plus égaux que d'autres. Parmi les missions qu'il effectua personnellement il y eut celles qu'il mena en faveur de la conservation des patrimoines culturels en Irak (juin 1966), en Libye (mai 1973) et au Koweït (décembre 1973). Il assura la mise en place du Centre régional de formation à la conservation des biens culturels dans les Pays Arabes à Bagdad dont les activités durèrent de 1973 à 1989. 

Amadou SEYDOU, Directeur du Département de la Culture déclarera : "La conscience professionnelle et le sens des responsabilités de M. ABDULHAK n'ont jamais fait défaut. Il a d'excellentes qualités d'organisateur qui ont eu les plus heureux résultats dans toutes les réunions dont il était la cheville ouvrière."[12] 

A l'UNESCO, il collabora avec de nombreuses organisations spécialisées (comme l’ICOM, l’ICOMOS et l’ICCROM), ou régionales (comme le Conseil de l’Europe). Il fut pendant dix ans membre du comité international des musées archéologiques et d’histoire et membre du comité consultatif et exécutif de l’ICOM (Conseil International des Musées). Il contribua au développement de l'ICOMOS (Conseil International des Monuments et des Sites) fondé en 1965 à Varsovie. 

Il fut président du comité de rédaction de la revue "Museum" publiée par l'UNESCO. Par ailleurs, il assura la direction et la mise au point d'un manuel sur la recherche dans les musées et surtout d’un ouvrage collectif sur l'archéologie sous-marine : L'archéologie subaquatique, une discipline naissant[13]. De 1970 jusqu'à son départ à la retraite le 31 décembre 1973, Sélim ABDULHAK se consacrera essentiellement à la mise au point de textes importants dont deux (Transfert illicite et Patrimoine Mondial) furent adoptées pendant sa présence à l'UNESCO. 

Il élabora d'abord la Convention internationale concernant les moyens d'interdire et d'empêcher l'importation, l'exportation et le transfert illicite de la propriété des biens culturels. Celle-ci fut adoptée lors de la 16e session de l'assemblée générale de novembre 1970. Cette convention devait notamment prohiber l’importation de propriétés culturelles volées d’un musée et prévoir leur retour dans leur pays d’origine. L'acceptation de la convention par la République Arabe Syrienne date du 21 février 1975. 

Dans le cadre de ses attributions, il eut un rôle décisif dans l'élaboration, la présentation et la négociation de la désormais célèbre convention du "Patrimoine Mondial". La Convention concernant la Protection du Patrimoine Culturel et Naturel Mondial, fut adoptée le 16 novembre 1972 par la Conférence générale de l'UNESCO réunie lors de sa 17e session. 

Cette convention, faisait référence pour la première fois à la notion de “patrimoine de l’humanité”. Pour la première fois aussi, les deux aspects culturel et naturel du Patrimoine étaient réunis sur un pied d'égalité dans un texte juridique international. Elle n’imposait pas une définition du beau, ni un modèle de référence de civilisation. D'après son texte de présentation, "la convention pose deux principes fondamentaux. D'une part, chaque Etat partie à la Convention reconnaît que l'obligation d'assurer la conservation des éléments du patrimoine mondial situé sur son territoire lui incombe au premier chef et s'engage à agir à cet effet dans toute la mesure de ses ressources. D'autre part, les Etats reconnaissent que la communauté internationale tout entière a le devoir de coopérer pour assurer la conservation d'un patrimoine dont le caractère est universel."[14] 

Cette convention, a depuis été ratifiée par 189 Etats. 962 biens culturels et naturels à travers le monde ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial. Lors de chaque décade, en 1992, 2002 et 2012, des célébrations solennelles sont organisées dans le monde de la part de l'UNESCO elle-même, mais aussi par de nombreux états parties. Au moment de sa mise au point, cette convention était pourtant loin de faire la même unanimité qu'aujourd'hui et il fallut alors à Sélim ABDULHAK, avec bien peu d'appuis, férocement ferrailler pour la faire adopter. Nombreux étaient ceux qui, alors, affichaient leur scepticisme. 

L'accession de la République Arabe Syrienne à la Convention date du 13 août 1975. Les sites inscrits syriens comprennent la vieille ville de Damas en 1979, la ville ancienne de Bosra en 1980, le site archéologique de Palmyre en 1980 également, la vieille ville d'Alep en 1986, les châteaux de Saladin et du Krak des Chevaliers en 2006 et enfin les villages antiques du nord en 2011.  

Les années des voyages et des missions internationales 

En tant que consultant de l'UNESCO, Dr. ABDULHAK avait établi le programme du Musée National de Koweït de décembre 1959 à mars 1960. Il organisa ensuite, sous le patronage de l’UIA (Union Internationale des Architectes) un concours international d'architecture qui devait voir, en décembre 1960, la réussite du projet présenté par l'architecte Michel ECOCHARD. Le programme prévoyait un "musée global". Cette conception innovante devait permettre de passer, dans le cadre du même musée, de la présentation de la terre (géologie, flore et faune), à celle de l'homme (société, histoire et archéologie) de Koweït pour terminer sur les perspectives de Koweït d'aujourd’hui et de demain (pétrole, industrie et urbanisation). Un planétarium était inclus aussi. Cet exceptionnel projet de musée préfigurait ceux actuellement en réalisation dans les états du Golfe. 

Il retournera à Koweït, notamment en 1974 et 1980. Le site et les conditions de réalisation avaient changé depuis. Des adaptations architecturales étaient nécessaires. La constitution des collections, leur présentation et la gestion du musée n'étaient pas encore sérieusement abordées. Si le bâtiment fut finalement achevé, il n'ouvrit cependant en 1983 que pour présenter une collection privée d'objets islamiques. 

Ayant déjà été professeur d'université à Damas, Dr. Sélim ABDULHAK reprit tout naturellement un enseignement après son passage à l'UNESCO. C'est ainsi qu'il eut la charge de diriger pendant cinq ans le département d'Archéologie de l'Université Ghar Younès de Benghazi en Libye, de 1974 jusqu'en 1979. Il y rénova surtout l'enseignement en profondeur dans un sens moins littéraire et beaucoup plus concret et opérationnel. Il y introduisit des visites et des travaux pratiques sur les chantiers de fouilles. 

En septembre 1990, il avait été appelé en Syrie par Najah al Attar, la Ministre de la Culture pour une expertise concernant l'aménagement ou le réaménagement de plusieurs musées, dont ceux de Ma'aret al No'man et de Tartous, ainsi que pour un projet de musée d'art contemporain à Damas. 

En reconnaissance de son mérite sur la scène internationale, il fut élu Membre d'honneur de l'ICOM dont il continua à suivre les activités en participant notamment aux conférences générales à Londres et Bath en 1983, puis à La Haye en 1989.  

Disparition et commémorations 

A l'âge de 78 ans, Sélim Adel ABDULHAK fut emporté par une embolie pulmonaire à Paris, le matin du 14 novembre 1992. Des représentants de l'ambassade de Syrie et des archéologues français et syriens accompagnèrent sa famille et ses amis lors de ses obsèques. 

Le 7 décembre 1992, Azzedine BESCHAOUCH, Président du Comité du Patrimoine Mondial, lui rendit publiquement hommage à l'ouverture de sa 16e session du Comité à Santa Fé aux Etats-Unis pour son rôle dans "la conception de l'idée du Patrimoine Mondial". 

Dr Najah al ATTAR, Ministre de la Culture, tint également à marquer, par son patronage et sa présence, la cérémonie organisée à sa mémoire par la Direction Générale des Antiquités, le 13 janvier 1993 dans la salle damascène du Musée National de Damas. 

En 2008, une exposition au musée national de Damas a célébré les pionniers de l’archéologie syrienne, d’Ernest Renan à Sélim Abdulhak » dans le cadre des manifestations de Damas capitale de la culture ». Le 23 novembre 2011, Dr Riad OSMAT, le ministre de la Culture plantera un olivier à son nom dans les jardins du même musée.      

Samir et Andrée ABDULHAK Paris, de 1993 à 2012



[1]- Allocution lors de la cérémonie tenue à sa mémoire, le 13 janvier 1993.

[2]- Allocution lors de la cérémonie tenue à sa mémoire, le 13 janvier 1993.

[3]- Voir son compte-rendu paru dans "Les Annales Archéologiques de Syrie": L'hypogèe de Taai à Palmyre (en français). Tome II, n°1 et 2, 1952, p. 5.

[4]- Loi n°53 du 26.12.1950, décrets législatifs n°130 du 7.10.1953, loi n°197 du 23.11.1958, arrêté ministériel n° A29 du 4.4.1959, décrets législatifs n°130 de 1961, n°83 et 222 de 1963 (loi sur les antiquités), etc.

[5]- En voir la liste en annexe.

[6] - Comme "Trésors du Musée National de Damas". DGAM, Damas, 1960.
[7] -"Aspects de l'ancienne Damas". DGAM, Damas, 1950.

[8]- Allocution lors de la cérémonie tenue à sa mémoire, le 13 janvier 1993.

[9] - Allocution lors de la cérémonie tenue à sa mémoire, le 13 janvier 1993.

[10]- Allocution lors de la cérémonie tenue à sa mémoire, le 13 janvier 1993.

[11]- Allocution lors de la cérémonie tenue à la mémoire du disparu le 13 janvier 1993

[12]- Note d'appréciation administrative du 10 août 1970.

[13] - UNESCO, Paris, 1973

[14]- Introduction de la Convention dans Conventions et recommandations de l'Unesco relatives à la protection du patrimoine culturel, UNESCO, Paris, 1990 : p77.

Last Updated on Sunday, 10 February 2013 11:46
 

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