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EXTRAITS DE L'OUVRAGE "LETTRES INEDITES A OLGA HERZEN" PDF Print E-mail
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Written by Librairie des Cinq Continents - 1970   
Thursday, 31 January 2013 11:22
                                   LETTRES INEDITES A  OLGA HERZEN

                             Ouvrage publié avec le concours du C.N.R.S.
                                       Librairie des Cinq Continents -  1970          
                               Collection « Les Inédits Russes » Vol. I

 Quelques Précisions 

          
Herzen entretint une longue correspondance avec ses deux filles : Nathalie (Tata), Olga et son fils Alexandre (Sacha).
           Grâce à Jeanne Amphoux-Monod fille d’Olga Herzen et de Gabriel Monod, l’unique petite-fille vivante de Herzen à l’époque de la publication de cet ouvrage en 1970, une partie de la collection des vingt-huit nouvelles lettres de son grand-père à sa mère a pu être reconstituée. L’autre partie est fournie à partir de la collection privée des trois enfants survivants de Germaine, femme du célèbre économiste Charles-Rist et fille aînée d’Olga Herzen. Ces lettres s’échelonnent entre 1863 et 1869.


                                          12 nov. [1868][1] Genève Hôtel de la Paix

                       Très Cara Olga,
           J’ai reçu ta lettre et l’épître de Malvida. – Le froid chez nous est extrême avec bise et neige et tout le monde se porte bien.
          Je suis très content de ton budget et pour vous encourager j’envoie 227 francs. A votre triple disposition. Sans les compter dans vos annuités. Faites un conseil :

                                                Malvida – président
                                               Alexandre – 1er votant
                                               Olga – 2ème votante

Le président a 2 voix. Vous 3. La liberté est garantie. Tu peux acheter le livre que tu as voulu avoir… Vous pouvez garder l’article.

J’écrirai à Tata de t’envoyer les livres sur « le Travail de la Nature »[2] - si tu ne l’as pas. C’est un tableau large, simple et très beau. Vous pouvez lire cela à haute voix. Berduschek[3] [que je salue], Levier et Alex peuvent en cas de besoin expliquer.

        Ogareff va assez bien. Son état est meilleur qu’il n’a été à Prangins[4] .
Mme le docteur Sousloff a fait paraître à Petersbourg un livre médical sur les cœurs lymphatiques[5] . Moi je persiste à vous inviter pour le 1er mai à Zuric[h][6] .
Je t’embrasse.

·        Je cherche là une maison avec jardin.
·        Thorzevski est devenu ton admirateur […]


                                                           [Nice] 18 janvier 1869

                           Chère Olga,

              Tu as raison et Malvida aussi. Je t’ai promis d’écrire une longue lettre il y a une dizaine de jours et je n’ai rien écrit. Maintenant – au lieu du calme – il y a de nouveau chez nous l’agitation désagréable que donnent les maladies. A peine Natalie s’est levée – Lise est tombée malade, elle a une maladie mixte. Rougeole et variolide[7] - c’est une nouvelle forme inventée à Nice. Jusqu’à présent elle ne souffre pas beaucoup – et tout fait espérer que cela passera dans quelques jours. Mais c’est très ennuyeux – et il faut prendre beaucoup de précautions. Tata reste tatouée – et cela encore pour un ou deux mois. Chez Nat.[8] Tout est passé sans traces – il n’y a que ça et là des petits restes de boutons.
                                                                          4 heures
            Non, il est impossible d’écrire aujourd’hui. Wirouboff[9] est là et le vieux docteur de Cannes. On crie, on se dispute sur la maladie de Lise. Wirouboff – que cela n’est pas une intoxication et une contagion. Bernadski[10] dit que oui. Tata comme ma secrétaire dresse le procès-verbal.
            Je suis très content que le livre (histoire du travail)[11] t’a plu. Oui, c’est une lecture saine et bonne.
           Adieu, je t’embrasse beaucoup – et beaucoup.



                                                                     A Olga et Tata
                                                           30 sept.[1869][12] Paris

                        Chère Olga,
           J’ai été touché de ta dernière lettre – très sincèrement et je t’embrasse. Mais je veux te dire ce que j’ai dit à Malvida[13]. Ce n’est pas pour une visite que je veux t’avoir maintenant. Une visite – c’est un plaisir et une grande perte de temps. Je veux – si tu as un « Drang » [élan] toi-même, je veux te faire entrer dans notre manière de vivre, voir te mettre à l’unisson. Il y a beaucoup de choses qui sont incultes, brisées, il y a des cicatrices, des incongruités – mais il y a encore des forces, ein Schwung [une aspiration] – qui peut-être te deviendra cher. Si tu le perds maintenant, tu ne le rattraperas jamais, le fini du couchant te manquera. Et qui a garanti que je vivrai longtemps ?
          Or sans vous jeter en wagon – pèse tout cela, pèse avec Malvida, pèse avec Tata – et viens après avoir pris une résolution sérieuse.
          Venez si c’est mieux pour Malvida – ce printemps (quoique l’automne est admirable). Je te donne une voix – écoute mon conseil, écoute l’avis de Malvida – mais agis aussi d’après ton cœur. Ce ne sont nullement des ordres. C’est  un cri vers toi de mon âme – mais je te laisse libre – et libre. Encore une fois sois heureuse et développe-toi. Mais je suis sûr que tu te développeras encore mieux – dans notre vie commune. Beaucoup de choses sont changées – toutes les aspérités sont émoussées. L’harmonie ne peut être que le résultat des efforts communs.
Nous t’embrassons tous.
 

Tata. Hier, je t’ai écrit, as-tu reçu ma lettre ?[14] Ne les force pas à venir avant qu’elles se décident, mais toi-même fais un saut ici comme tu veux. Écris bien vite et sur tout.


                                                              APPENDICE
                                                                     Lettre A Gabriel Monod

                       Cher Monsieur Monod,

            Sans avoir le plaisir de vous connaître personnellement, je vous connais et même beaucoup. Mselle Meysenbug m’écrit ce matin que vous désirez quelques mots d’introduction pour Louis Blanc.[15] Je m’empresse de vous les envoyer.
            Pourquoi ne venez-vous pas en Suisse ?[16] Nous avons divers projets littéraires, entre autres une publication française[17], peut-être vous nous auriez aidés.
J’attends mon fils de Florence, il passera ici le mois d’août.
Je vous salue avec sympathie.
                                                                  Al.Herzen                                                                                     Genève
                                                           7, quai du Mont Blanc
                                                                                  29 juillet 1866[18]
  


[1] On ne connaissait de cette lettre que la fin (EA,XXIX, vol.2, pp.489-490), dont l’original est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, En voici le texte :[…] pour la nouvelle année – prends des leçons – ou des confitures. Sur tout cela j’attends une réponse détaillée de toi. C’est mon cadeau de nouvel an.Probablement, je resterai ici jusq’au 24-25, après j’irai à Marseille. Dis à Domengé – au milieu d’amitiés – que je me décide à ne plus faire paraître le Kolokol, parce que j’ai attendu en vain son article – qu’il se dépêche donc – ou le Kolokol sonnera son propre glas.Travaille – travaille – et cela avec concentration de toutes les forces – gagne le temps perdu. Donne beaucoup de temps à la lecture.
[2] C’est l’œuvre de Félix FOUCOU, Histoire du Travail. La nature et l’homme (Paris, 1868).
[3] Maurice Berduschek était une connaissance de Malvida von Meysenbug à Florence. Commissionnaire en librairie, il commerçait avec l’Allemagne.
[4] Tkhorjevski avait loué le château de Prangins, près de Nyon, dans le canton de Vaud.
[5] Thèse de doctorat de N.P.SOUSLOVA, Contribution à la physiologie des cœurs lymphatiques (1868). Voir la note de H., la femme et le prêtre admis au droit de l’homme (EA, XX, pp. 325-326).
[6] Cf. la lettre de H. à Olga du 21 novembre 1868 (EA, XXX, vol.2, p.594) : « je vais pour deux ou trois jours à Zürich – pour faire une Recognoszierung – où bâtir nos tentes. Car je vous y attends pour le 1 de mai ou vers la fin d’avril ».
[7] La variolide est une forme atténuée de la variole.
[8] Nathalie Ogarev (1829-1913), seconde femme de H.
[9] Grigori Nikolaïévitch Vyroubov (1843-1913), philosophe et chimiste, rédacteur avec Littré de la Revue de la philosophie positive, professeur d’histoire des sciences au Collège de France.
[10] Nikolaï Nikolaïévitch Bernadsky, le médecin de la famille.
[11] Voir lettre 17, n.2.
[12] La teneur de cette lettre permet de la dater.
[13] Voir la lettre de H. du même jour à Malvida von Meysenbug (EA, XXX, vol, pp.203-204).Olga avait trouvé une seconde mère dans la personne de Malvida von Meysenbug (1816-1903), Allemande d’origine française, libérale et républicaine, que la police prussienne avait obligée en 1852 à prendre la route de l’exil
[14] Cette lettre du 29 septembre 1869 est inconnue.
[15] C’est à Londres, pendant les années 50 que H. avait connu Louis Blanc : il faisait partie des émigrants qui avaient dû quitter la France après 1848. H. avait de l’estime pour ce socialiste français dont il parle dans ses Lettres de France et d’Italie et dans Passé et Pensées (VI e partie, chapitre III). Blanc intéressait Monod en tant qu’historien.
[16] Gabriel Monod passait l’été au Havre dans sa famille. Il ira à Genève l’année suivante et rencontrera H.
[17] H. écrivait à Olga : « Nous avons maintenant un projet de réviser la Cloche en français, [M. Monod] pourrait corriger étant en France nos traduction » (lettre 3). Le Kolokol en français fut publié à partir du 1er janvier 1868, mais Monod n’y collaborait pas.
[18] Monod répondit aussitôt à H. Sa lettre du 2 août 1866 est malheureusement inconnue.
Last Updated on Saturday, 02 February 2013 08:57
 

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