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Ibn Khaldoun et Tamerlan Enseignement pour les Arabes d’aujourd’hui par Amin Elsaleh, commentaires/échanges: Aek Abid, Adib Hathout, Hassan Zineddin, Christian Amphoux PDF Print E-mail
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Written by Amin Elsaleh, Aek Abid , Hassan Zineddin, Christian Amphoux, Adib Hathout   
Saturday, 30 August 2014 15:12

 

 

 

Par Amin ELSALEH

Juillet 2014

Vous pouvez trouver l’ensemble des contributions d'Amin Elsaleh sur le site academia à l’adresse:

https://independent.academia.edu/AminElsaleh

 

 

Remplacer la confrontation par le dialogue a été le choix d’Ibn Khaldoun quand, aux portes de Damas, en 1401, il allait jusqu’à faire l’éloge de Tamerlan. Dans un grand instant de l’histoire de la pensée, Ibn Khaldoun illustrait comment le dialogue avec un envahisseur sanguinaire ne signifie pas une souscription à la cruauté de ses crimes. La stratégie d’Ibn Khaldoun est, au contraire,  susceptible d’amener le dictateur à raisonner ; ce qui limite les dégâts qu’il pourrait faire.

 

La disposition de l’esprit proposée par Ibn Khaldoun doit imprégner les Arabes d’aujourd’hui : ils doivent dialoguer avec leurs amis ou avec les membres de leur famille qui ne partagent pas la même opinion que la leur. Tel est, me semble-t-il, l’enseignement proposé par l’étude intitulée « La marche sur Damas : Tamerlan et Ibn Khaldoun par Adib Gabriel Hathout».

 

On y voit comment, à l’opposé du syrien Abou Tammam (803-905) qui vantait le mérite de l’épée sur le Livre, Ibn Khaldoun a triomphé de Tamerlan, non par les armes, mais l’humilité, la politesse et la cordialité d’un discours.  Comme  le veut une rubrique du site www.mlfcham.com « Amour et développement », Ibn Khaldoun a illustré les raisons du lien entre « amour et développement ». L’amour étant un sentiment intérieur,  le développement est l’effet de ce sentiment au niveau de la collectivité. A l’opposé des armes et de la confrontation, l’un et l’autre évoluent lentement et finissent par refléter une mesure du degré de civilité d’une Nation.     

 

Variable lente et variable rapide

 

Une considération théorique corrobore la supériorité du livre sur l’épée : alors que la rentabilité de la recherche est une « variable lente » dont les effets apparaissent avec le temps et subsistent, l’épée est une « variable rapide » dont les effets instantanées ne peuvent servir de base à aucune stratégie politique et/ou éducative de long terme. (Cf. Sémantique de la mesure).

 

Sur la politique, en Syrie, Irak, Palestine ou ailleurs, comme dans bien d’autres domaines, à l’heure où les opinions se radicalisent, à l’heure où l’informatique devient davantage un instrument de contrôle de l’autre qu’un outil de contrôle de soi, sans doute le privilège du dialogue nous aidera-t-il à triompher du Tamerlan qui dort dans notre cœur et qui vante le mérite de l’épée. Car comme l’a dit le penseur chinois Kou Houng Ming à la veille de la Première Guerre mondiale (Disponible en ligne : L’esprit du peuple chinois. 1915) :

 

«  (…)  il existe dans ce monde des forces plus terribles que celles de la Nature ; ce sont les passions du cœur humain. ».

 

Ces forces se maîtrisent par l’éducation, la culture et la religion au sens spirituel du terme.

 

Ces forces sont une « variable lente » au sens qu’elles ne donnent pas leur fruit du jour au lendemain (comme le ferait l’épée), mais qui, à terme, sont susceptibles de faire éviter une guerre à une entière Nation. A ce savoir-être « civil » qui a évité au Japon bien de déboires, Kou Houng Ming donne le nom de « Grande charte de Fidélité ».

 

 

Commentaire de Aek Abid sep.2014

Bonjour cher ami 

 

je voulais partager et construire cette "intelligence collective"

 

à travers cette petite réflexion sur Saul Alinsky 

 

Le changement : comment procéder ?
la formule de Saul Alinsky (Ecole de Chicago et facilitateur de "Community Organizing (organisateurs de communauté - on dirait plutôt à l'heure d'internet organisateur de réseaux) ) ... à travers sa belle citation   qui exprime comment faciliter le changement:  
 

« Il importe de ne pas briser d'un seul coup les traits de l'existence quotidienne[1], mais de créer le désenchantement, la désillusion vis-à-vis des VALEURS RÉGNANTES, de susciter un climat qu'il va utiliser sans jamais énoncer clairement ses intentions, et de produire, sinon une passion pour le changement, au moins un climat de résignation, de passivité, d'acceptation. »  Saul Alinsky  dans Rules for Radicals. 

 A ceux qui n'avaient pas très bien compris sa pensée il avait aussi dit : 

« Ils ne cherchent pas une révolution, mais une révélation » Saul Alinsky

(comme beaucoup de jeunes avides de changement mais récupérés par les révélations ... actuellement souvent religieuses mais aussi laïques) 

 

Pour cela les 5+ 5 

Les 5 grands problèmes:

1.     1. Combattre le morcellement des luttes

2.     2. Combattre les méthodes médiocres de communication

3.     3. Combattre la tendance à l’entre-soi

4.     4. Faire de la réflexion stratégique un impératif catégorique

5.     5. Combattre le nihilisme désespéré

 

Les 5 solutions:

1. S’intégrer et observer

2. Faire émerger collectivement les problèmes

3. Commencer par une victoire facile

4. Organiser et intensifier les luttes

5. Se rendre inutile et partir

 amicalement 

Aek  Abid 
Facilitateur méthodologie et ami du scribe l'harmattan 

00 213 661 68 27 10 



[1] «  l'idée d'après laquelle  "IL IMPORTE DE NE PAS BRISER D'UN SEUL COUP LES TRAITS DE L'EXISTENCE QUOTIDIENNE" renvoie aux philosophies de la continuité qui sont celles de Léonard de Vinci et de Wilhelm Leibniz: la Nature ne fait pas de bonds, à son image il faut que nous aussi nous agissions en douceur... Espérons que les guerriers de tout bord agissent ainsi. » commentaire Par Adib Hathout reçu le 13 sep.(ndlr)

 

Commentaire de Hassan Zineddin  vendredi 19 sep. 2014

 

« Ils ne cherchent pas une révolution, mais une révélation » Saul Alinsky

"""un mal qui évite un plus grand mal est une espèce de bien"""

Wilhelm Gottfried Leibniz 

Bonjour Amin, bonjour Aek, bonjour Adib, bonjour tout le monde

 

D'abord je dois exprimer mon admiration à ce forum d’échange qui doit être (et je le  suis complètement d'accord) inspiré par une pluridisciplinarité d'approche qui embrasse la cognition , la transmission et enfin sur l'arbitrage comparatif de l'histoire entre ce qui s'est révélé (après coup, parfois après des siècles)  bien, moins bien, mal , moins mal etc...

Cela étant je me permets de nager contre courant vis à vis de mes deux interlocuteurs (je me sens adressé) et je commence par Aek et sur les deux points suivants :

1) Il veut distinguer entre révolution et révélation avec une logique d'exclusion (soit l'un soit l'autre) ce qui est difficile à démontrer ; 

2) Il contredit le passage forcé et unidirectionnel de la révélation  (soit vraie ou fausse comme DAESH par exemple) à la révolution puisque faire déclencher une révolution nécessite une quantité d’énergie que seule une révélation peut dégager...

 

Quant aux argument d'Adib je pourrais être d'accord sur l’équation  moins mal = bien qui a donné raison à notre Ibn Khaldoun à l’époque mais pas forcément valable aujourd'hui après de longs siècles... et Ibn Khaldoun serait le dernier à recommander une telle extrapolation interdite par le côté transmis de ses conviction (en l'occurrence le Coran) qui ordonne - pas seulement permet ou tolère - de  relire le texte pour pouvoir toucher une révélation naviguant dans l'espace et le temps (الإجتهاد)

Adopter cette attitude  envers le Tamerlan contemporain (Israel) - ce que je pourrais comprendre par cette ligne de conclusion - serait passer outre une expérience qui a assez duré (depuis Oslo) et qui a fait sa preuve pas de passer de mal à moins mal mais de mal à inconcevablement pire...

Être sage est toujours bien, être posé c'est toujours mieux mais parfois c'est juste être sage et posé qui fait appel à prendre le choix ultime " celui de l’épine (ذات الشوكه)"  où seul se défendre peut le justifier :  "seuls les agresseurs (au sens figuré large) peuvent être agressés (au sens propre)" لا عدوان إلا على الظالمين 

Bon weekend à toutes et à tous

Hassan

 


Commentaire de Aek Abid samedi 20 sep. 2014

 

Bonjour Adib, Hassan, Amin et bonjour à toutes et tous

 

 Comme le dit si bien Hassan – moi aussi je tiens à « exprimer mon admiration à ce forum d’échange qui doit être (et je le suis complètement d'accord) inspiré par une pluridisciplinarité d'approche qui embrasse la cognition , la transmission et enfin sur l'arbitrage comparatif de l'histoire entre ce qui s'est révélé (après coup, parfois après des siècles)  bien, moins bien, mal , moins mal etc... »

Bien sûr c’est l’approche cognitive qui connait ces derniers temps – une mise sur le devant – en rapport avec une évolution de la société en rapport avec toutes les innovations depuis principalement la 2ème guerre mondiale.

 

Mais Hassan semble en désaccord avec le rapport chez Saul Alinsky entre révolution et révélation.

Je crois qu’il faille plutôt trouver l’articulation entre révolution et révélation un peu comme Amin cherche à trouver la bonne articulation entre « variable lente et variable rapide »

 

Quand à Adib il exprime son accord en  disant que «  l'idée d'après laquelle  "IL IMPORTE DE NE PAS BRISER D'UN SEUL COUP LES TRAITS DE L'EXISTENCE QUOTIDIENNE" renvoie aux philosophies de la continuité qui sont celles de Léonard de Vinci et de Wilhelm Leibniz: la Nature ne fait pas de bonds, à son image il faut que nous aussi nous agissions en douceur... Espérons que les guerriers de tout bord agissent ainsi. » commentaire Par Adib Hathout reçu le 13 sep.(ndlr)

 

Personnellement je pense que ce que dit

-        Adib est juste

-        Ce que dit Hassan est juste

-        Ce que dit Amin est juste

Mais pour reprendre ce que dit Amin il faut trouver le juste rapport entre « ce qui est lent et ce qui est rapide »

  

Pour ma part je travaille plutôt sur  

-        Le changement « lent »  et plus particulièrement  foncièrement son « processus »

-        Avec ses manifestations « rapides »  (les différentes étapes)

-        Et plus particulièrement sur les « acteurs » de ce changement

Mais même les acteurs –est trop large – cela va en effet des jeunes, des femmes, du monde du travail, le monde de la finance, le monde des artistes, le monde paysan etc..

Pour ma part

-        Je m’intéresse plus particulièrement à une catégorie d’acteurs à savoir les « universitaires, intellectuels et élites » en  focalisant surtout sur le « rôle des élites. »

C’est un peu le travail fait avec Fatima et Osama du scribe l’harmattan  « NABNI » et des amis syriens et libanais.

Je reviendrai après sur un modèle pour ces élites – le modèle de Ilya Prigogone (prix nobel de chimie 1977) pour expliquer ce qui se passe actuellement en …Syrie.

 

Amicalement

Aek Abid

 

Sur l’islam - Contribution de Christian Amphoux

     Pour beaucoup de gens en France, l’islam est la religion mystérieuse, mal connue, peu accessible, de ces millions de braves gens qui ne pensent qu’à vivre en paix dans notre société, qu’ils soient Français, Maghrébins ou d’une autre origine. Comment, dans ces conditions, expliquer la violence qui se pratique au nom de cette religion et qui, par les médias interposés, finit par donner une image négative de cette religion, pratiquée par tant de gens modestes et pacifiques ?

     J’ai interrogé quelques savants musulmans de Paris et de la région de Montpellier ; eux connaissent bien les textes fondateurs de l’islam, ils ont été formés par des maîtres plus savants encore ; mais le dialogue a vite tourné court. Ils n’avaient en tête que l’apologie de leur religion, et tous ceux qui ne partageaient pas leur conception de l’islam étaient des dingues, des gens à enfermer. Pendant des années, nous avons assisté en France, impuissants, au déferlement de la violence, en Algérie notamment, d’un islam radical contre le peuple algérien et sutout son élite : les menaces, les exécutions, les massacres. Manifestement ces fanatiques avaient en eux une autre lecture de l’islam que les savants français, dont la réprobation ne se faisait pas entendre et qui ne voyaient dans ces bourreaux que des fous.

     Grâce à un séminaire que j’ai organisé à Lunel pendant deux ans, où l’unique intervenant était Alfred-Louis de Prémare, professeur à l’Université de Provence, du temps où il préparait la publication de son ouvrage fondamental Les fondations de l’islam (Paris, Seuil, 2002), j’ai commencé à comprendre que l’islam avait plusieurs facettes et que, par ses textes fondateurs, c’était à la fois une religion de la paix et une arme entre les mains de quelques-uns pour reconquérir un pouvoir perdu depuis la fin de l’empire ottoman.

     Il n’est pas question de présenter l’islam comme une religion qui permet les massacres et les ignominies que certains commettent en son nom aujourd’hui ; mais je vois comme un signe d’espoir qu’autour de nous, en Egypte d’abord, mais à présent en France, les autorités musulmanes s’émeuvent des conditions dans lesquelles un califat est entrain de renaître au Moyen-Orient, avec tant d’exactions commises par les militants de cette cause. Depuis vingt ou trente ans, un manque se fait sentir : ce n’est pas celui de la critique de l’islam, mais de la critique de l’apologétique de l’islam. Comme si l’islam n’avait qu’un seul aspect, celui de la religion que pratique près d’un milliard de musulmans dans le monde. L’identification de l’islam à cette seule valeur, à cette seule facette, a échoué. Les prédicateurs fanatiques ont trouvé le chemin des cœurs des adolescents et parviennent à présent à en mobiliser quelques milliers pour partir faire la guerre sainte, au nom de ce califat meurtrier et suicidaire. Si l’islam n’était que la religion que présentent volontiers ses savants, quand nous les sollicitons, ces adolescents ne se seraient pas radicalisés. Il faut donc aujourd’hui combler le manque du discours sur l’islam et parler plus fort de l’ambiguïté des religions en général et de l’islam en particulier.

     Le monde change autour de nous, avec les années ; nous ne vivons plus dans l’Arabie du viie siècle, où est né l’islam, avec ses premiers écrits fondateurs réunis dans le Coran. Ni dans l’empire du ixe siècle, qui réunit et fixe les autres textes fondateurs et qui met un coup d’arrêt à l’évolution de l’interprétation de ces textes. Ainsi, malgré les autorités religieuses, le monde a continué d’évoluer, tandis que la religion ne suivait pas et ne s’adaptait pas. Il en résulte aujourd’hui un décalage immense entre les valeurs traditionnelles que véhicule l’islam et celles du monde dans lequel nous vivons. Bien sûr, la plupart des musulmans savent s’adapter et vivent en paix avec le monde ; mais cela n’empêche pas les incidents de se produire, loin de la dérive du fanatisme, par attachement à des valeurs traditionnelles, chez des gens simples qui n’arrivent pas à faire eux-mêmes le pas vers la modernité et qui ne trouvent pas le soutien nécessaire dans leur religion. Je pense à la condition de la femme, sur laquelle des progrès sont sensibles çà et là, par des démarches politiques, mais pas par l’interprétation renouvelée des textes. Je pense aussi à la liberté religieuse, qui ne se pose évidemment pas dans les mêmes termes qu’au viie ou au ixe siècle. Mais ce ne sont là que quelques exemples, dans bien d’autres domaines, il importe de repenser l’interprétation des textes fondateurs.

     La question la plus brûlante aujourd’hui est le respect de la vie humaine et celle de la dignité de la personne. Ce sont elles qui sont bafouées par les fanatiques du califat, hier par le GIA, aujourd’hui encore par les émules de Ben Laden. L’islam interdit-il de tuer ? Qu’est devenu dans l’islam le « Tu ne tueras pas » biblique ? La question est double : l’exégèse doit éclairer le sens des textes concernant cette question ; mais elle doit aussi désormais adapter la réponse à l’époque où nous vivons. Des populations entières ont été contraintes à l’exil, au nom du prétendu califat : il n’est pas acceptable que seul l’Occident proteste contre cet état de fait. Des voix, heureusement, commencent à se faire entendre dans l’islam, contre cette situation insupportable. Mais le mouvement est encore timide, il doit s’amplifier.

     N’oublions pas qu’au xviiie siècle, quand le roi de France se déchaîne contre les protestants et que l’Eglise catholique abuse de l’inquisition, l’islam est donné comme exemple de religion tolérante à l’Eglise qui a ces pratiques barbares. En France, dans une partie frileuse et nostalgique de la population, il existe un mouvement de rejet de l’islam, dans la continuité du regret de la décolonisation du Maghreb. Mais l’islam n’est pas ce qu’en disent ou en pensent ces gens-là, qui expriment ainsi leur souffrance plutôt qu’une opinion fondée. Cette attitude explique en partie le besoin d’apologétique des savants musulmans qui s’expriment sur l’islam. Mais l’apologétique ne règle pas les problèmes, elle crée de la stagnation. Le projet de califat n’est pas une folie, mais une obstination à faire revivre des pratiques d’un autre temps dans un monde qui a changé.

     L’islam a besoin de se doter d’une autorité mondiale, comme l’est, par exemple, le Conseil œcuménique des Eglises, pour le christianisme. Une telle instance ne peut pas tout, mais elle peut devenir une référence pour beaucoup de musulmans et servir en même temps de lieu de dialogue entre les différentes entités et les différentes sensibilités qui s’expriment dans l’islam. Nous y sommes presque. Et cette instance aura pour vocation de donner plus de visibilité à l’islam de paix, dont chacun pense, en dehors de quelques fanatiques, qu’il est et doit rester le sens de l’islam.

 

Christian Amphoux

Montpellier, 21-09-2014

 

 précision et encouragements par Adib Hathout

24 septembre 2014

 

Bonjour Hassan, bonjour Amin, bonjour Aek, bonjour tout le monde,

 

Premier volet. Précisions. Dans le premier des deux volets de mon intervention, je suis amené à préciser qu’il n’est guère possible de répondre à quelqu’un sur des propos qu’il n’a jamais formulés ! C’est un égard où je rappelle ne pas être l’auteur de l’analogie Tamerlan/Israël. Etant donné que cette construction mentale émane de Hassan, la réponse à cette analogie ne peut s’adresser qu’à son auteur.  Aucune extrapolation de mes propos n’est recevable.

 

Extrait des propos de Hassan (Cf. Lien) : « Quant aux argument d'Adib je pourrais être d'accord sur l’équation  moins mal = bien qui a donné raison à notre Ibn Khaldoun à l’époque mais pas forcément valable aujourd'hui après de longs siècles... et Ibn Khaldoun serait le dernier à recommander une telle extrapolation interdite par le côté transmis de ses conviction (en l'occurrence le Coran) qui ordonne - pas seulement permet ou tolère - de  relire le texte pour pouvoir toucher une révélation naviguant dans l'espace et le temps (الإجتهاد)

Adopter cette attitude  envers le Tamerlan contemporain (Israel) - ce que je pourrais comprendre par cette ligne de conclusion - serait passer outre une expérience qui a assez duré (depuis Oslo) et qui a fait sa preuve pas de passer de mal à moins mal mais de mal à inconcevablement pire...

Être sage est toujours bien, être posé c'est toujours mieux mais parfois c'est juste être sage et posé qui fait appel à prendre le choix ultime " celui de l’épine (ذات الشوكه)"  où seul se défendre peut le justifier :  "seuls les agresseurs (au sens figuré large) peuvent être agressés (au sens propre)" لا عدوان إلا على الظالمين »

 

De crainte que mes propos ne soient aussi déformés sur le sujet du moindre mal tel que je l’ai abordé dans mon article sur Ibn Khaldoun (Cf. Lien sur mlfcham) je rappelle le contenu de mon interprétation : il n’est pas bon en soi de simuler des imprécisions (en l’occurrence, par Ibn Khaldoun) mais cette simulation devient un moindre mal quand elle atténue de la violence d’un homme aussi sanguinaire que Tamerlan.

 

Deuxième volet. Encouragements. Aek a raison, Hassan a raison, Amin a raison. J’ai beaucoup apprécié la vision de Aek sur le changement lent avec, notamment, ses manifestations rapides. Ce point de vue rejoint, à mon sens, l’expression proposée par Hassan de « arbitrage comparatif de l’histoire » où les choses se révèlent justes, parfois après des siècles. Ce phénomène s’illustre remarquablement dans mon domaine privilégié qui est la géométrie. En effet, la géométrie de Pythagore sommeille avec les socratiques jusqu’à la fin du 4ème siècle Av. J.-C. pour se valoriser grâce à Euclide des siècles plus tard. On découvre également, des siècles plus tard, que la géométrie portait « en essence » les germes de la mécanique rationnelle. Une des plus éloquentes démonstrations de ce lien est le théorème de Huygens (17ème siècle) qui n’aurait pas vu le jour sans le théorème de Pythagore, vingt-deux siècles auparavant !

 

Tout cela nous conduit aujourd’hui à une véritable transfiguration des sciences de l’information où la coordination entre la statistique mathématique, l’algorithmique et la logique nous permettent d’y voir plus clair sur nos ordinateurs !

 

« Qui a adapté ceci à cela » nous disait l’esclave Epictète voici près de deux mille ans !  Méditer sur cette continuité logique, lente et irréversible, qui dépasse l’entendement humain nous suggérera de recentrer le débat sur l’existence humaine en liant nos interventions à la beauté de l’harmonie divine que Dante qualifie de « suprême sagesse et premier amour » (la somma sapienza e 'l primo amore ) donnant ainsi raison au lien proposé par Amin entre amour et développement, tout en commémorant le proverbe arabe qui invoque la beauté de la création divine en disant : سبحان الخالق

 

Cet enchaînement où la beauté divine apparaît au regard humain relève de ce que Aek appelle, à juste titre à mon sens, du « rôle des élites » : hier Pythagore, aujourd’hui Aek, Hassan et Amin.

Bien à vous

Adib.

 

Complément vendredi 10 oct. 2014

Cher Amin,

 

Dans l'actualité, nous sommes constamment interpellés par ces jeunes (surtout) qui partent pour faire la guerre sainte en Syrie. Les Etats se protègent en tentant de les en empêcher, car ils craignent un retour fanatique et destructeur. Mais lisons parmi nos textes fondateurs cette parole évangélique qui vient de la collection primitive des paroles de Jésus : "Celui qui aime son père et sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. Celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre n'est pas digne de moi" (Mt 10,37-38). N'est-ce pas là une incitation à l'engagement ? Rien n'indique pour quelle cause il faut s'engager, le texte est ambigu sur un point essentiel. Les évangiles ont donc besoin d'une exégèse, pour ne pas devenir les justificateurs de la violence. Et l'exégèse, ici, complète le texte...

 

Qu'il en soit bientôt de même pour le Coran

 

Affectueusement, Christian

 

 

 

 

 

 

 

 

Last Updated on Thursday, 28 January 2016 12:58
 

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