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Les Amphoux de Beauvoisin PDF Print E-mail
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Written by Christian Amphoux   
Wednesday, 12 May 2010 13:23

Les Amphoux de Beauvoisin

 

     Il existe au sud de Nimes un village situé sur une colline, bordé au nord par la plaine du Vistre[1] et au sud par la plaine marécageuse de la Petite Camargue, sur le flanc ouest du delta du Rhône : ce village est Beauvoisin. C’est le berceau de la famille de Jean Amphoux, qui l’a quitté à la fin du 18e siècle pour s’installer à Paris. Ses descendants restent ensuite dans le nord de la France, à Lyon et au Havre, notamment.

     Ce qui est dit de Beauvoisin et des Amphoux dépend d’un dossier constitué par Catherine Nègre, ancienne 1ère adjointe de la mairie de Beauvoisin, et obligeamment prêté par elle. Dans ce dossier figurent en particulier un texte d’André Fabre, pasteur à Générac, intitulé Notes sur l’histoire de l’Eglise Réformée de Beauvoisin (Gard) (sans date, 23 p.) ; et un autre de Jean Cabot, Notes pour servir à l’histoire de Beauvoisin (sans date, 39 p.), suivies d’une bibliographie et d’un lexique. Les autres pièces sont des copies de documents d’archives.

Beauvoisin

     Le site de Beauvoisin est attesté depuis l’an 821[2], où il figure sous le nom de Tovana, c’est-à-dire « monticule de terre sablonneux ». Le nom latin Bellovicinum est attesté en 1027[3], puis en 1121[4], la forme occitane Belvedin, « d’où l’on voit », qui s’applique à une position stratégique. En 11563, il est question d’une ecclesia de Bellovicino, appartenant au pape Adrien IV, lequel en fait don à l’église de Nimes, et le village devient un prieuré. En 1197[5] est mentionné le castrum de Velvezin, « château de Beauvoisin ». Le nom latin se maintient jusqu’à la fin du 14e siècle. En 1435 apparaît pour la première fois le nom français Belvoysin et en 1554, la forme moderne de Beauvoysin, toujours concurrencée par la forme occitane Beauvesin, attestée en 1575.

     Beauvoisin a d’abord fait partie des terres de l’abbaye de Psalmodi, dont le nom subsiste comme celui d’un mas situé au sud de Vauvert, entre St Laurent-d’Aigouze et Aigues-Mortes. Le pays est depuis le 5e siècle sous la dépendance des rois Wisigoths chrétiens, qui se sont installés dans le nord de l’Espagne et dans le Bas-Languedoc, appelé Gothie. De cette période date le patronyme Alphonse, qui va devenir en occitan Amphoux. Au 8e siècle commence la conquête arabe : Narbonne est pillée en 719, Nimes en 725. L’abbaye de Psalmodi se réduit à une petite communauté monastique réfugiée dans le site qui porte encore son nom. Elle reçoit en 815 la protection du roi Louis 1er le Débonnaire, fils et successeur de Charlemagne, en 814.

     En 1027, une église St Thomas est attestée dans le village, citée avec St Jean Baptiste de Générac (village voisin) et Notre Dame de Posquières (Vauvert) ; toutes trois dépendent du Vicomte de Nimes de la famille Aton. En 1067, les Templiers y construisent un château. En 11214, le château passe sous la juridiction du seigneur de Posquières ; mais il est détruit en 1150, lors de la guerre qui oppose le Vicomte de Nimes à son suzerain, le Comte de Toulouse. En 1179, le Comte de Toulouse fait reconstruire le château, et le village passe de la seigneurie de Posquières, alliée au Vicomte de Nimes, à celle de Bernis, restée fidèle au Comte de Toulouse.

     Au sud de Beauvoisin il subsiste, non loin de l’actuelle route N 572, à égale distance de St Gilles et Vauvert, un lieudit Franquevaux, mentionné en 1143 (Franca vallis) comme le nom d’une abbaye, non loin du prieuré de Beauvoisin appartenant alors à l’évêque de Nimes. Un port fonctionne à Franquevaux, en bordure de la plaine marécageuse de la Petite Camargue, jusqu’à la fin du 18e siècle. En 1791, lors de la vente des biens nationaux (après la nuit du 4 août), la majeure partie des terres de l’abbaye est acquise par un groupe d’habitants de Beauvoisin, dans laquelle figurent 19 chefs de famille dont 3 Amphoux. Dès lors, la commune de Beauvoisin s’étend au sud jusqu’à la rive de l’étang de Scamandre, entre les territoires de Vauvert et de St Gilles.

     En 1543, François de Villages, seigneur de Bernis, cède pour moitié son domaine de Beauvoisin à Antoine Marin, qui devient co-seigneur de Beauvoisin. La région est alors sillonnée par les premiers prédicateurs de la Réforme. Les seigneurs y adhèrent, le village les suit massivement. La répression est menée en 1560 par le Comte de Villars, qui est à Vauvert le 19 décembre. En 1562, répondant au massacre de Wassy, les Réformés pillent l’église de St Gilles, dont le reliquaire est confié à François de Villages. L’édit d’Amboise, signé par Charles IX (1563) apaise un temps les esprits. Le 30 septembre 1567, les catholiques sont massacrés à Nimes. En 1570, l’amée des princes (Navarre, Condé, Coligny) s’installe au château de Vauvert. En juin 1574, les royalistes prennent Beauvoisin, l’église catholique St Thomas est détruite ; en décembre, les Réformés s’emparent de St Gilles. Et en janvier 1575, le Duc d’Uzès reprend St Gilles, fait le siège du château de Vauvert et massacre les paysans, mais échoue devant Beauvoisin, où commence une ère de paix entre communautés, avec une forte majorité protestante. On connaît le nom de quelques pasteurs : Queyrol dessert Beauvoisin et Générac, en 1568 ; Guillaume de Laune, en 1570 ; Barnabé Suffrain, de 1574 à 1585 ; Isaac Augustanus, en 1592. L’Edit de Nantes (1594) consacre le culte protestant à Beauvoisin et y restaure les offices catholiques réguliers.

     En 1580, Louise de Villages, fille du seigneur de Bernis, épouse Melchior de Génas (1553-1620), qui devient seigneur de Beauvoisin, mais sans régler la co-seigneurie, qui échoit à ses fils François, Pierre et Jean. Ce dernier devient seul seigneur de Beauvoisin en 1629, avec la mort de ses deux frères sans héritier. En 1631, le château est restauré à ses frais. Son fils Jacob (1634-1668) s’installe à Durfort en 1655 et lui succède en 1662. Son fils Louis 1657-1710) lui succède, se marie en 1682 avec Olympe Boisson dont il a une fille Marguerite en 1688, un fils Louis en 1691 et François en 1700, tous par obligation baptisés catholiques, puisque nés après la révocation de l’Edit de Nantes (1685). Louis devient, par son mariage en 1713, baron de Vauvert et vend son fief de Beauvoisin à Philippe Baschy du Cailar.

     La plupart des villages situés à l’ouest et au sud de Nimes, en Vaunage et Vistrenque, ont choisi la Réforme : 26 lieux de culte s’y trouvent et sont desservis par 30 pasteurs. En novembre 1685, tous les temples sont rasés, les pasteurs doivent partir en exil et les paroissiens abjurer de gré ou de force, avec l’interdiction de partir. Les habitants de Beauvoisin résistent pour la plupart et sont l’objet de mesures de répression. Parmi eux, François Sauvage, dit Berthoumieu ou Francézet, a rejoint les Camisards (résistants des Cévennes) en mai 1704. En septembre, il est exilé et se réfugie à Genève avec Catinat. Mais ils sont de retour à Nimes en novembre. François préside le 31 janvier 1705 une assemblée de plus de mille personnes, tenue entre Beauvoisin et Générac, qui échappe de justesse à la troupe envoyée sur les lieux. Le 28 avril, François est capturé sur dénonciation. Blessé, il est soigné à Milhaud, transféré à Nimes, condamné et brûlé vif le 30 avril. Beauvoisin est désormais sous le contrôle de son curé ; en 1741 et de 1752, le curé Amaudric s’illustre par les listes de récalcitrants qu’il fait établir et qui contiennent des noms d’Amphoux.

Les Amphoux

     En 1384, décimé par la guerre et les épidémies, Beauvoisin compte 9 feux, soit environ 50 habitants[6]. En 1692, une liste de « nouveaux convertis » taxés pour une fourniture de foin, comprend 25 familles, dont celle de Jaques Anfoux ; puis en 1741, la liste des « nouveaux convertis » frappés d’imposition pour avoir participé à une « Assemblée tenue au désert » compte 113 familles, dont 14 ont le patronyme Amphoux ; une autre liste établie de 1752 à 1756 mentionne les « réfractaires » : elle recense 101 familles et mentionne 162 enfants « baptisés au désert », dont 15 familles Amphoux ayant 26 enfants « baptisés au désert ». Le village compte alors plus de 500 habitants. Mais en 1774, il ne compte plus que 20 feux (120 habitants) : les protestants ont-ils été exclus de ce recensement ?

     Voici le détail des Amphoux frappés d’imposition en 1741 :

     François      Amphoux      mary d’Anne Londès      laboureur

     Guillaume      Amphoux         laboureur

     Henry      Amphoux         berger

     Henry      Amphoux         ménager

     Jaques      Amphoux      fils de Thomas      berger

     Jaques      Amphoux      (mort), sa veuve      laboureur

     Jaques      Amphoux      fils d’Urbain      laboureur

     Jean      Amphoux         travailleur

     Jean      Amphoux     (mort), sa veuve              

     Louis     Amphoux         laboureur

     Moyse      Amphoux         ménager

     Moyze     Amphoux     fils de Louis     ménager

     Pierre     Amphoux         laboureur

     Pierre      Amphoux     fils de Jean     travailleur

     En tout, 3 « ménagers » (régisseurs d’exploitation agricole), 6 « laboureurs » (paysan possédant sa charrue), 2 « travailleurs » (paysan sans charrue) et 2 « bergers » (paysan ayant un troupeau.

     La liste de 1752-1756 est la suivante :

     François     Amphoux      ép. Anne Londès     laboureur     2 enf.     désob. pauvre

     Henry     Amphoux      ép. Gabrielle Courtin     (ménager)     1 enf.     désob. bon

     Jacob     Amphoux     ép. Gabrielle Lautier                                          mort en 1755

     Jaques     Amphoux     ép. Gabrielle Villaret     berger     3 enf.     a obey avant…

     Jaques fils de Jaq. Amphoux      ép. Marie Aubert     bourrelier     2 enf.     désob. bon

     Louis      Amphoux     ép. Marie Fauquier     ménager     1 enf.     désob. riche

     Louis     Amphoux     vf. Gabrielle Maury     laboureur     1 enf.     désob. pauvre

     Moyse     Amphoux     vve Marianne Durat     ménager     1 enf.     a obeiy

     Pierre      Amphoux     ép. Marie Peyron     ?                      3 enf.     désob. bon

     Pierre      Amphoux     ép. Catherine Courtin     laboureur     3 enf.     désob. pauvre

     Pierre fils de Jean     Amphoux     ép. Claire Teissier     travailleur     2 enf.     a obeiy avant

     Pierre      Amphoux     ép. Gabrielle Froque     laboureur     2 enf.      désob. bon

     Pierre      Amphoux     ép. Rose Villaret                       2 enf.     désob. bon

     Pierre      Amphoux     ép. Marie Amphoux                                      mort en 1755

     Urbain     Amphoux     ép. Marguerite Giran     laboureur     3 enf.     désob. bon

     Jaques Amphoux et Urbain Amphoux sont classés « désobéissants et bons ».

     Jaques Amphoux et Marie Aubert ont un fils Pierre Amphoux en 1751 ; Urbain Amphoux et Marguerite Giran ont une fille Marie Amphoux en 1753 ; Pierre, boulanger, épouse Marie à Beauvoisin, en 1772 ; ce sont les parents et grands-parents de Jean Amphoux. Mais une erreur dans le prénom de la mère, sur le registre de baptême, crée une incertitude à propos de ce Jean Amphoux, né à Beauvoisin en 1785 et mort à Paris en 1833, marié à Pauline Long en 1822, dont il a trois fils, Eugène (1823), Jules (1824) et Henri (1826) : le registre donne à sa mère le prénom Marguerite au lieu de Marie.

     Le 13 mars 1789, le cahier de doléance indique que le village compte 216 feux. (1) Au début du cahier figurent quatre signatures : « Amphoux, pr consul. Marque, consul, Escofier, procureur fiscal. Dumas, ex-consul », le consul étant l’équivalent du maire. (2) A la fin du cahier, la liste des signataires s’élargit : « Amphoux, pr consul. Marque, consul. Giran. Amphoux. Escoffier, pr fiscal. Boudon. Alègre. Giran. Dumas, ex-cosul. Peiron. Roque. Giran. Giran. Bourelly. Trives. Roque. Amphoux. Alègre. Roque. Giran. Breton. Trives. Riquet. Amphoux. Amphoux. Duport. Giran. Alègre. Servant. Ne varietur : Coissard, viguier, l… de juge . » En tout, 30 signataires.

     Dans les registres de baptême (mis en tableau par Catherine Nègre) figurent plus de 250 Amphoux pour le 18e siècle, parmi lesquels :

      de François Amphoux, laboureur, et Anne Londès      Pierre 1737, Henri 1739, François 1742,  

                                            François 1746, Etienne 1749

      de Henric Amphoux, ménager, et Gabrielle Courtin      Pierre 1727, Catherine 1728, Catherine 1731,

                                            François 1733, Anne 1736, Gabrielle 1740,

                                            Marguerite 1742, Gabrielle 1747

      de Jacob Amphoux (m. 1755) et Gabrielle Lautier                            

      de Jaques Amphoux, berger, et Gabrielle Villaret      Suzanne 1743, Pierre 1747, Marie 1749,                                                                   Jean 1752, Pierre 1756, Jacques 1761

      de Jaques Amphoux, bourrelier, et Marie Aubert      Pierre 1751

      de Louis Amphoux, ménager, et Piérette Fauquier      Marie 1747     

      de Louis Amphoux, laboureur, et Madeleine Maury      Gabrielle 1737, Marie 1739, Jean 1741

      de Moyse Amphoux, ménager, et Marianne Durat      Antoinette 1731, Jeanne 1733, Suzanne 1737

                                            Antoine 1740, François 1743

      de Pierre Amphoux, berger, et Marie Peyron      Pierre 1748, Claire 1751, nouveau-né 1753

                                            Pierre 1757, Suzanne 1763, Gabrielle 1765

                                            Jacques 1769

      de Pierre Amphoux, laboureur, et Catherine Courtin      Henry 1739, Rose 1742, Urbain 1746,

                                            Pierre 1749, Etienne 1753

      de Pierre Amphoux, laboureur, et Claire Teissier      Jean 1737, Estienne 1738, Elisabeth 1741,

                                            Jacques 1744, Claire 1747

      de Pierre Amphoux, laboureur, et Gabrielle Roque      Jacques 1748, Jean 1751              

      de Pierre Amphoux, laboureur, et Rose Villaret      Pierre 1750, Jean 1753, Marie 1757

      de Urbain Amphoux, ménager, et Marguerite Giran      Urbain 1739, Gabrielle 1741, Pierre 1743

                                            un nouveau-né en 1753 (= Marie)

     Urbain est ménager en 1739, puis laboureur à partir de 1741. Les enfants recensés de Pierre, boulanger/travailleur, et Marie (ou Marguerite) Amphoux :

      de Pierre Amphoux, travailleur, et Marie Amphoux       Marie (1777), Pierre (1780) ;

      de Pierre Amphoux, boulanger, et Marie Amphoux      Marguerite (1775), Pierre (1782), Jeanne (1789) ;

      de Pierre Amphoux, boulanger, et Marguerite Amphoux       Jean (1785), Marguerite (1787)  

     Il y a bien un Jean Amphoux né en 1785 (et non en 1798), fils de Pierre Amphoux, boulanger ; et sa mère est probablement Marie Amphoux et non Marguerite, comme l’indique le registre.

     A la génération précédente, Jaques Amphoux, bourrelier, est fils de Jaques Amphoux et Marthe Villaret, tous les deux nés à Beauvoisin : Marthe en 1698 ; mais il y a trois Jaques possibles, nés en 1691, 1695 ou 1700 :

 

1)   de Urbain      Amphoux       et       Jeanne       Villaret      1.      Jaques      Amphoux      1691 ?

                                                                            2.      Clere       Amphousse       1694

                                                                            3.      Jean      Amphoux      1696

                                                                            4.      Henric      Amphoux      1698

 

2)   de Thomas      Amphoux      et      Gabrielle      Giran      1.      Jaques      Amphoux      1695 ?

                                                                            2.      Pierre      Amphoux      1698

                                                                            3.      Jean      Amphoux      1700

 

3)   de Louis      Amphoux      et       Gabrielle       Giranne      1.      Louise       Amphousse       1697

                                                                            2.      Jaques      Amphoux      1700 ?

                                            Gabrielle      Giran      3.      Jean      Amphoux      1702

                                                                            4.      Louis      Amphoux      1710

                                                                            5.      Jacob      Amphoux      1713

On ne peut remonter plus loin, tant que l’incertitude sur Jaques père de Jaques n’est pas levée. Il y a en revanche une seule Marthe Villaret possible, fille de Pierre et Catherine Teissier :

 

      de Pierre       Villaret      et      Catherine      Taissiere      1.       Marthe      Villaret      1698

     L’ascendance d’Urbain Amphoux et Marguerite Giran est connue sur deux générations : Urbain est fils d’Henric Amphoux et Sancette Londès ; Henric est fils de Moyse Amphoux et Claire Pinet ; et Sancette est fille de Louis Londès et Gabrielle Amphoux ; Marguerite Giran est le cinquième enfant de Pierre Giran et Marguerite Rouvin ; Pierre est fils d’Antoine Giran et Marguerite Amphoux ; et Marguerite est fille de François Rouvin et Claire Teissier :

 

      de Pierre       Giran       et       Marguerite      Rouvin      1.      Jaques      Giran      1696

                                                                            2.      Marie      Giran      1699

                                                                            3.      Pierre      Giran      1702

                                                                            4.      Izac      Giran      1711

                                                                            5.       Marguerite      Giran      1715

 

     De tout cela, il faut retenir que les ancêtres de Jean Amphoux (1785-1833) ont peu voyagé, ils sont pour la plupart de Beauvoisin, Marie Aubert étant par exception de Générac, qui n’est qu’à 4 km de Beauvoisin ; et Pierre Amphoux (1751-1821) finira comme boulanger à Marsillargues. Tous sont artisans (bourrelier, boulanger) ou agriculteurs (ménager, laboureur, travailleur, berger). Ce sont pour la plupart des rebelles, touchés par la prédication de la Réforme depuis le 16e siècle, dans un village où le seigneur et les paysans ont voulu se libérer de la religion catholique. Ils subissent les humiliations ordinaires des protestants au 18e siècle, après la révocation de l’Edit de Nantes (1685) et figurent sur les listes des récalcitrants.

     Puis, le grand saut dans l’inconnu est fait au début du 19e siècle par Jean, qui monte à Paris dans des conditions qu’ignorent les archives de Beauvoisin. Ses fils Eugène et Jules vont se lancer dans le commerce de la soie, à Lyon, en Hongrie et en Toscane ; Henri épouse une Monod et devient pasteur au Havre, où il restera plus de 50 ans. Notre famille descend de deux de ces frères, Eugène (par Ernest) et Henri (par Pauline, qui épouse son cousin germain Ernest) ; les Lerch descendent de Camille, la sœur de Pauline, qui épouse Henri Lerch. La famille appartient dès lors à la bourgeoisie commerçante protestante et se mêle à d’autres famille de ce milieu : les Monod, les Lerch, les Long, les Vincent… Mais l’origine terrienne se perpétue, le besoin de posséder ou d’habiter une terre, loin des villes, resurgit dans les cœurs de ces enfants déracinés, errants dans le vaste monde. Nous retrouvons alors un lien avec nos racines beauvoisinoises.

Christian Amphoux

Montpellier, avril 2010



[1] Cours d’eau prenant sa source à l’est de Nimes, près de Bezouce, et se jetant dans les étangs, puis la mer, à Aigues-Mortes. La plaine porte le nom de Vistrenque.

[2] Cartulaire de Psalmodi.

[3] Cartulaire Notre-Dame de Nimes.

[4] D’après l’Histoire du Languedoc, t. 2, col. 419.

[5] D’après l’Histoire du Languedoc, t. 3, col. 146.

[6] Dénombrement de la sénéchaussée de Nimes.

Last Updated on Sunday, 30 January 2011 13:16
 

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