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La révolution égyptienne et la centralité du conflit israélo-palestinien PDF Print E-mail
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Written by Anis Balafrej   
Thursday, 24 February 2011 10:13

http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/02/23/la-revolution-egyptienne-et-la-centralite-du-conflit-israelo-palestinien_1483434_3232.html

par Anis Balafrej, militant associatif

La révolution de la jeunesse arabe ne suscite pas l’enthousiasme de certains intellectuels français. Passée la stupeur, ils sont bien obligés d’admettre la réalité : en deux mois, un mouvement de masse pacifique et résolu a mis à bas deux tyrans corrompus et alliés de l’Occident.

M. Glucksmann, dans le Monde, n’observe le Printemps arabe, que par l’oeillière israélienne et constate ainsi qu’il n’y a pas eu de drapeau israélien brûlé place Tahrir ni de « Palestine vaincra » ! Mieux encore, personne ne se serait offusqué, pas même les Frères musulmans, lorsque les militaires qui gouvernent l’après-Moubarak ont déclaré qu’ils respecteront le traité de paix avec Israël. Et, cerise sur le gâteau, ces « jeunes manifestantes voilées qui désirent une démocratie égyptienne comme en Israël » !

Décidément, à lire M. Glucksmann, la révolution égyptienne est devenue « fréquentable », pas trace de Palestine ni de conflit israélo-palestinien, « obsession des obsessions », Place Tahrir. Et de conclure péremptoirement : les chancelleries feraient mieux de réviser leur stratégie : la question palestinienne n’a rien de central ! « Jérusalem n’est pas le centre du monde ».

M. Glucksmann s’est bien gardé de prendre sa plume pour saluer dès le début, le vent de liberté qui secoue le monde arabe. Et pour cause !

La prise en main par le peuple égyptien de son destin, entraînant la chute d’un despote, ami docile d’Israël, n’est pas une bonne nouvelle. Voilà la vraie raison de l’inquiétude.

Moubarak a désengagé l’Égypte du conflit israélo-arabe, tissé des liens étroits avec l’armée israélienne pour assurer la sécurité d’Israël et, tout au long de ses 30 années de dictature, a obéit au doigt et à l’œil aux injonctions de son voisin, notamment en contribuant au blocus de Gaza et en érigeant sur la frontière Sud de ce territoire un mur souterrain pour empêcher le fonctionnement des tunnels.

Sans oublier les efforts de promotion des relations économiques avec son voisin, en donnant lui-même l’exemple, avec la participation au capital d’une société mixte israélo-égyptienne, chargée de vendre le gaz égyptien à Israël, par le biais de son homme de paille, Salem Hussein,.

Toute la stratégie de Moubarak a consisté à appliquer scrupuleusement les accords de Camp David dont la principale conséquence a été la marginalisation de la question palestinienne et la place de l’Égypte dans le monde arabe.

La révolution de la jeunesse arabe a recréé un espace politique commun animé par les mêmes aspirations de liberté et de démocratie. Dans cet espace, la Palestine cristallise la soif de justice de la jeunesse arabe et la révolte contre l’impuissance voire la collusion de leurs dirigeants avec Israël.

La chute de Moubarak vient donc replacer le conflit israélo-arabe au centre de l’intérêt national.

Que ce soit à Tunis, au Caire ou dans le reste du monde arabe, la mise en place d’institutions démocratiques, ne pourra que traduire le soutien des peuples arabes à la cause palestinienne. Les représentants du peuple égyptien souverain ne seront pas les gendarmes d’Israël, comme le fut Moubarak. Les bouleversements en cours et à venir dans le monde arabe sonnent la fin de la récréation pour les dirigeants sionistes.

Israël sera confronté directement à la colère des masses arabes dont les représentants au pouvoir ne fermeront plus les yeux sur les crimes, les agressions contre les territoires occupés et la colonisation de la terre palestinienne. Il devra choisir entre la paix et l’intégration dans la région, ce qui implique la reconnaissance de tous les droits du Peuple palestinien, en particulier leur droit au retour dans leur pays et l’égalité entre tous les citoyens, quelque soient leurs religions ou la poursuite de la politique sioniste d’apartheid, d’usurpation de la terre palestinienne et de guerre. Mais plus pour longtemps, car les temps changent.

Plus que jamais, Jérusalem est le centre du monde.

Anis Balafrej (le 21 Février 2001)

 

Last Updated on Sunday, 12 June 2011 11:28
 

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